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wolf inside — ft. ryusuke

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Mar 2 Jan - 17:39




WOLF INSIDE
— november —


dix-huit heures, le soleil s'était déjà couché depuis un moment et venait le moment préféré du japonais : la nuit. il était resté un moment dehors, le froid lui mordait les doigts mais un chat, errant s'il en croyait la maigreur du félin, avait retenu son attention. ce n'était pas la première fois qu'il le voyait et cette fois-ci, il avait prévu le coup. armé d'une boîte tupperware, il s'approcha du chat qui ne tarda pas à accourir vers lui, alléché par l'odeur du thon —isao espérait que l'odeur ne s'infiltre pas dans son sac. il avait presque envie d'attraper le félin pour le glisser dans son sac mais il était certain que le chat serait plus heureux dehors que dans son appartement. c'est avec un pincement au cœur qu'il quitta l'animal, l'heure filait.

son organe vital battait contre sa cage thoracique avec ferveur, lui rappelant les secondes qui passaient. il détestait cette sensation de chaleur qui remontait jusqu'à son visage, elle lui compliquait la tâche : dans ces conditions, il lui était difficile d'oublier à quel point il avait hâte. pas seulement pour la boxe, mais pour la personne qu'il s'apprêtait à détailler du regard tout au long de la soirée avec l'infime espoir d'enfin lui parler. c'était là le problème, comment expliquer qu'à chaque fois qu'il se trouvait dans la même pièce que sena ryusuke, il n'était plus capable de se concentrer dans quoi que ce soit ? il n'arrivait même plus à donner un coup puissant, furieux comme il savait le faire. il avait l'impression désagréable que toute la haine qui l'aidait à frapper fort se dissolvait. vouloir discuter avec quelqu'un, se dire qu'une personne a l'air d'être un ami sympathique, c'est une chose, mais isao se connaissait bien assez, il était bien assez lucide pour savoir que ce qu'il ressentait envers son aîné était bien différent et beaucoup plus discutable.

il entra dans le bâtiment éclairé et un soupire de soulagement —ou de déception, lui-même ne savait pas— s'échappa de ses lèvres. personne pour le moment, ou en tout cas personne susceptible de lui faire oublier jusqu'à son prénom.
isao faisait de la boxe dans ce club depuis à présent quatre ans —il s'était inscrit à son retour des états-unis—, ils étaient devenus comme sa seconde famille, une famille bien différente de sa famille biologique. le boxeur n'était pas très sociable ni très démonstratif, mais il savait apprécier les bonnes personnes —encore plus celles qui lui payaient une bière de temps en temps. il n'oubliait pas le soutien des soigneurs qui s'occupaient de lui des heures durant quand il oubliait de se contrôler, qu'il mettait de côté l'aspect technique de la boxe pour n'en faire qu'un sport où on frappe. il se gardait bien de dire à quel point il aimait ressortir d'un combat rempli de plaies et de bleus —hors de question de se laisser frapper pour autant, ses poings avaient du répondant— mais il ne doutait pas que certains de ses camarades l'avaient remarqué.

le fils unique des uehara avait un penchant pour les sons. il aimait s'arrêter de respirer et se concentrer sur les bruits environnants, les clignotants d'une voiture, la pluie qui cogne contre la fenêtre, mais par dessus tout, il aimait le bruit du gant qui s'enfonce dans le cuir du sac de frappe. il passait souvent autant de temps à frapper qu'à écouter et le bruit suffisait à l'apaiser, il s'enfermait dans sa bulle, c'était tout ce qui lui important.
mais ce soir-là, d'autres coups de poings vinrent se joindre aux bruits des siens et il n'eut même pas besoin de relever la tête pour savoir que ryusuke était là. il reconnaissait le rythme, d'abord lent, comme s'il reprenait ses marques, puis plus francs. il lui fallait se faire violence pour ne pas tourner la tête et observer son aîné. à sa droite, il entendait deux filles glousser, il aurait voulu les insulter mais il comprenait, ryusuke était grand, un visage à la fois doux et viril, c'était le genre d'homme qui plaisait aux femmes. la pensée fit froncer les sourcils à isao, il asséna un dernier coup au sac, le regarda se balancer dans les airs et se laissa tomber sur le banc d'à côté, le dos contre le mur.

le boxeur n'avait jamais été dérangé par l'idée d'être un homme, c'était la nature qui avait décidé et il ne s'en plaignait pas, mais pour une fois, la pensée lui traversa l'esprit : et s'il avait été une femme ? est-ce que ryusuke l'aurait regardé ? la frustration remontait en lui comme une flamme qui lui dévorait l'intérieur et il shoota dans la bouteille d'eau à ses pieds. ironie du sort, elle roula jusqu'à ryusuke et se cogna contre le pied du boxeur. isao se maudissait encore plus, il avait bien prévu de venir lui parler un jour mais pas si vite, pas comme ça. l'énervement se lisait sur son visage tiré, les remarques des filles plus tôt résonnaient dans sa tête et lui rappelait que ryusuke ne le verrait jamais comme il regardait sans doute les femmes. isao s'énervait d'autant plus qu'il se maudissait de penser à ce genre de choses.
la frustration et l'agacement mis de côté, il finit par se lever et attraper la bouteille au pied de son aîné, il ne manquerait plus qu'il passe pour un impoli.
— désolé. il relevait la tête, son regard croisa celui de ryusuke. nouveau court-circuit dans son cerveau, il ne réfléchissait plus. j'ai entendu parler les filles tout à l'heure, à ce qui paraît t'as gagné par k.o le week-end dernier contre nakajima. tout l'monde disait que ça allait être compliqué, bien joué. les filles avaient quitté la pièce mais isao les remerciait intérieurement de lui avoir donné un sujet de conversation. il était satisfait de son self-control, certain que sa panique intérieure ne se lisait pas sur son visage. il ne se présenta pas, ils se côtoyaient depuis assez longtemps et même s'ils n'avaient jamais parlés, isao était assez confiant pour penser que l'aîné connaissait son nom.
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Mer 3 Jan - 23:38




WOLF INSIDE
— november —




ryusuke, sourire bienveillant qu'on peut découvrir sur ses lèvres. le patron l'a mis à la caisse. il prend les commandes, aide les clients. il les conseille et cela dans la plus grande des politesse. ryusuke, c'est un bon employé. peut-être parce qu'il n'a pas mauvais fond; mais aussi parce qu'il doit bien gagner de l'argent. pour lui, mais surtout pour hiroki. il faut lui offrir un toit, un foyer. quelque part où rester; ryusuke, il avait vite accepté l'idée de s'occuper de lui. d'être un frère et un père, une famille à lui tout seul. et s'il aurait bien voulu faire des études, ça n'avait pas été possible. à l'aube de sa jeunesse, il avait renoncé. peut-être aussi que la culpabilité avait joué sur sa décision; que c'était un moyen de se racheter, de faire en sorte qu'hiroki lui pardonne. - sa faute. oui, la mort de leurs parents; c'était sa faute. si ryusuke n'avait pas eu ce match de boxe, jamais ils n'auraient pris la route pour le voir concourir. non, ils seraient restés à la maison - ensemble - à faire tout et n'importe quoi. seulement, ça n'avait pas été le cas. culpabilité lancinante qui lui revient encore.

ryusuke, il avait donc voulu assurer un avenir à son frère, à ce seul être qu'il lui reste. il avait pris le premier job disponible, le noodle shop. et depuis le temps, il n'avait pas cessé d'y travailler. c'était un endroit paisible, tranquille. il s'y sentait bien. tant mieux puisqu'il ne vivrait jamais de la boxe. malheureusement, la passion ne permettait pas de survivre. du moins, pas la sienne. mains d'or mais qu'il faut utiliser pour servir les meilleures nouilles de tokyo - c'est ce que les clients disent -. et l'heure tourne, les aiguilles défilent sur la pendule. les visages se multiplient, les commandes aussi. la délivrance, elle prend son temps mais elle finit par arriver. dix-huit heures. ryusuke rend son tablier et prend ses affaires. dernier sourire à la patronne et il s'en va. il ne peut que remarquer la disparition du soleil. il est couché; nuit qui se profile.  

il marche, direction le métro. corps comprimés, ryusuke il se sent à nouveau respirer lorsqu'il sort de la rame. il peut enfin se détacher de la foule, se rendre à son endroit préféré. (gymnase) logique puisqu'il a les poings qui ne veulent que cogner, se heurter dans le sac de boxe. il presse le pas, casque sur les oreilles; il finit par s'engouffrer dans le gymnase. un petit tour vers les vestiaires et il en ressort sans rien, à part bien sûr des gants de boxe. rituel de commencement, il y va tout doucement. c'est comme des retrouvailles, chaque fois un peu plus belles avec le sac. ryusuke qui sourit bêtement, qui se replonge dans son monde. et puis il y reprend goût, laisse ses poings devenir plus audacieux. les coups sont plus sévères, plus francs. (gagnants) et ryusuke, il est tellement absorbé qu'il ne voit pas les deux filles à ses côtés. elles gloussent, semblent le regarder mais il ne leur porte aucune attention. il n'a jamais été très doué à ce sujet. les femmes, c'est compliqué.

étrangement ryusuke a toujours été un meilleur conseiller que partenaire. pour les relations de ses amis, tout est clair mais dès qu'il est concerné, il y a comme un brouillard qui se forme. toujours aussi appliqué, il continue de boxer. rien n'aurait pu le troubler - sauf qu'il sent quelque chose qui se cogne dans ses pieds. - déconcentré, les yeux qui dérivent. il découvre une bouteille d'eau. s'il s'apprêtait à la ramasser, quelqu'un le fait avant lui. ryusuke le regarde. isao. isao, oui. c'est lui, il l'a déjà vu ici. excuse qui s'échappe des lèvres du cadet et puis leurs yeux se croisent. c'est étrange, ryusuke se tourne entièrement vers lui. sa main reste tout de même ancrée sur le sac de boxe, vieille habitude. il lui sourit.
- c'est pas grave.
et puis il écoute; les mots, les paroles du garçon. une nouvelle esquisse se peint sur son visage.
- ah, je ne savais pas que ça avait fait le tour du gymnase.
il rit légèrement, ryusuke peut-être un peu étonné qu'on s'intéresse à lui. bien sûr, il a du talent mais nombreux sont les gens qui en ont.
- merci. j'ai dû avoir de la chance, d'habitude il gagne tout le temps.

regard doux; et ryusuke se prend à vouloir en savoir plus sur son interlocuteur.
- toi, c'est bien isao ? je pensais prendre une pause, peut-être qu'on peut aller boire quelque chose.
il retire ses gants, les pose délicatement.
- bien sûr, ce ne serait qu'une boisson du distributeur.

ryusuke, le gentil. ça lui colle à la peau, peut-être aussi parce qu'il a toujours été doux, bien élevé. le grand frère dont beaucoup auraient rêvé.
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Ven 5 Jan - 16:34




WOLF INSIDE
— november —


isao analysait. comme toujours, son regard partait à la découverte des mimiques de son interlocuteur, de chacune de ses expressions, de son langage corporel. tout, chez ryusuke, respirait la gentillesse. le boxeur n'aimait pas parler de gentillesse, parce qu'il était persuadé que toute forme de gentillesse est intéressée chez quelqu'un : on espère quelque chose en retour, on veut donner l'illusion ou se laisser croire qu'on est une bonne personne, mais est-ce que les humains sont gentils de façon désintéressée ? isao en doutait beaucoup, et c'était une des premières interrogations qui s'était soulevés lors de l'analyse de son aîné : pourquoi est-il gentil ? la question ne trouvait néanmoins pas de réponse, malgré les observations prolongées du cadet. c'était devenu une obsession pour lui, de retirer les couches de bonté et de beauté chez les gens pour voir leur côté obscure. il ne croyait plus en l'existence des personnes foncièrement bonnes, ryusuke était donc un point d'interrogation pour lui. isao détestait les questions sans réponse.
tourné vers lui, le regard doux, un sourire humble sur les lèvres, ryusuke avait tout du bon garçon de famille qui ne dépasse jamais les limites, celui qui est toujours dans le contrôle et dans le bon paraître. mais qu'est-ce qu'il y avait en dessous de tout ça ?

— les filles font toujours les commères en parlant de derniers matchs, c'est un peu comme mon journal tv de 19h. isao tentait d'ignorer l'impression étrange de chaleur qui montait en lui, qui se pelotonnait au creux de son estomac comme un renard au fond de sa tanière. il avait voulu refuser l'invitation de son aîné, il savait que passer plus de temps avec lui équivaudrait à sa perte. passer du temps avec un homme qui le fascine ne pouvait mener qu'à de mauvaises choses, il se jetait droit dans la gueule du loup et n'arrivait pas à s'arrêter. quelle faiblesse.
— j'ai connu plus... fancy. l'année passée aux états-unis avait laissé des traces, les mots en anglais sortaient tout seuls au milieu du coréen et il ne parvenait parfois plus à trouver ses mots, c'était sûrement une question d'habitude à reprendre; pendant un an il n'avait parlé coréen que très peu et il devait reprendre ses marques. malgré sa remarque, il attrapa son sweat bleu posé sur le banc et l'enfile.
— couvre toi, va pas attraper froid. la remarque ne venait pas d'une quelconque gentillesse, mais en tant que sportifs isao savait qu'ils doivent faire attention à leur santé ; un boxeur affaibli n'a aucune chance sur le ring et il ne souhaitait pas voir le boxeur qu'il admirait le plus dans leur club se prendre un ko parce qu'il avait été incapable de mettre toute sa force dans le combat. c'était tout simplement ça, une question de sport, et rien d'autre.
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