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distance (takeshi)

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date d'installation : 26/11/2017
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pseudo : wolf haley.
avatar + © : dong sicheng + laura mon main sang
âge du perso : 18
emploi/études : on suit le chemin du père et on se tait. qu'il soit enterré ou non, on s'en fout, ce qui compte, c'est l'honneur de la famille, non? alors, il faut étudier, il faut continuer de s'abrutir avec les banalités générales, aucun requiem n'a jamais aidé personne.
「 寂しいとか愛とかわかんない 」

i can’t embrace the identity that’s full of crudities, i can’t get out from this small theater. in the end, before i knew it, i want to run away. i came so far by constantly muting background chatters like that; everyone is desperately protecting themselves, waiting for someone to offer help.

( i don't want to t h i n k
because i became an i d i o t.)



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Lun 27 Nov - 21:21

D I S T A N C E
距  離

mêmes nuits, mêmes lunes. le goût âpre qui empoisonne la langue. et ce sont toujours les mêmes ombres qui dansent contre les immeubles muets de la ville encore éveillée pour de nombreuses heures. le début de soirée s'installe paisiblement au travers du ciel, qui se laisse doucement aller aux obscurités bleutées sans se débattre plus que ça. il y a les murmures des rues bondées, qui donnent l'idée d'une ville faussement calme, en contraste avec le monde et le tourisme abondant. et il y a sosuke, encore tapi dans les masses, encore étouffé dans les obscurités pesantes. les mains enfouies dans les poches et le moral enfoui dans la gorge. si la routine est épuisante, le poids de ses pensées est exécrable. le garçon à la destinée toute tracée, le deuxième enfant supposé moins prometteur, le petit prince sans couronne. se complaisant plongé dans une solitude dans laquelle il s'était lui-même noyé, sosuke n'a jamais cherché à s'en sortir. quand il a senti les choses s'échapper de ses mains à une lenteur détestable, il a simplement regardé. tant pis pour la colère, tant pis pour la tristesse. si rien n'avait plus de goût, il n'aura qu'à se blâmer. on lui avait appris à ne jamais se mettre au centre de tout, et de ne jamais céder au tentant égoïsme. mais lui n'en avait que faire, dans sa tête, rien n'avait d'importance dès le départ. parce qu'il suffisait de se détacher de tout pour ne pas être entravé par quoi que ce soit.
et ça devient une immense barrière. sosuke sans amis, sosuke sans famille, parce que dans les familles normales, ce n'est pas un garçon de dix-sept ans qui porte l'équilibre familial sur ses épaules frêles. sosuke tout seul, qu'on croit perdu quand il marche comme ça, quand il erre sur des pavés qu'il use sans arrêt. comme s'il cherchait quelque chose, quelqu'un, sans même s'en rendre compte. c'est devenu un réflexe. parce qu'il n'espère plus vraiment, il n'en a plus envie. et pourtant, ses jambes le maintiennent toujours, étrangement. dans une spirale qui n'a ni de début, ni de fin.
et puis, sans prévenir personne, ses jambes se figent. alors, par logique, le reste de son corps suit et laisse place au marbre. seulement maintenant, l'air glacé du soir menace sa chair. il se sent vulnérable, à cause de la peur qui saisit ses membres à une vitesse qu'il ne saisit pas. la peur cède à l'incompréhension, le lieu est habituel, beaucoup trop pour être inquiétant. le torrent d'émotions qui suit est peut-être justifiable, puisque tout est si familier, du nom de l'échoppe jusqu'à l'unique silhouette qui s'y dresse. soit il rêve, soit la fatigue s'empare de ses yeux vides et s'en joue de façon trop vile et réaliste. sosuke avance sans réfléchir, il s'efforce un peu plus, juste un peu plus, parce que s'il se trompe, ça ne serait qu'une fois parmi une centaine d'autre. « takeshi? » le nom lui arrache les cordes vocales avec une violence déroutante. le nom cousu sur toutes les lèvres, gravés dans tout les coeurs et craché dans les dos. une sorte de mot maudit, encore plein de honte pour une famille qui s’essouffle jour après jour. pitié, te retourne pas. il espère de toute ses forces qu'il ne s'agit que d'une illusion, peut-être seulement le spectre de la personne qui lui est la plus chère. il n'est peut-être pas si prêt qu'il l'avait prétendu. c'est pas juste, parce que devant le miroir, il sonnait pas si désespéré. et sosuke veut pleurer, il veut se laisser tomber parce qu'il est presque sûr de lui, cette fois. il repousse un peu plus le voile humide qui le fait se sentir comme un oisillon qu'on aurait pu écraser sans avoir à user de force.
sosuke se cramponne au masque bancal qui lui colle encore au visage.
il s'y cramponne, il veut pas perdre la face. même si son corps le brûle et que son cerveau menace d'imploser, son portrait reste le même.
aussi fade que les six dernières années crasseuses.
«Itô Takeshi»
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emploi/études : takeshi n'est rien sinon un marginal, un pouilleux aux airs grandioses. un artiste de génie perdu dans une esprit de déluré, d'idéaliste à la grande gueule et aux mots tranchants. un artiste talentueux à l'estomac qui crie famine, aux mains qui dénoncent la connerie humaine. what i create is chaos...

et si tu crois encore qu'on peut
SAUVER NOTRE 
ETOILE

You’re dripping like a saturated sunrise, you’re spilling like an overflowing sink. You’re ripped at every edge but you’re a masterpiece and now i’m tearing through the pages and the ink. Everything is b l u e : his pills, his hands, his jeans and now i’m covered in the colors pull apart at the seams and it's b l u e. Everything is grey : his hair, his smoke, his dreams and now he's so devoid of color, he don’t know what it means. And he's b l u e.


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Sam 2 Déc - 20:25

distances
s o u n d
tenue La nuit ruisselait contre les murs de la citée. Dévalant l’anthracite d’une teinte plus sombre de bleu, elle arrosait de ses pans les veines de Tokyo. L’emplissant, cette citée de terre et de lumière, d’eau nébuleuse, d’ombres mystérieuses. Et les siennes, ses sombres silhouettes, éclaboussaient le goudron et le béton…se dessoudant du corps, se séparant de la chair pour donner dimension aux éclats de sa vie. Il y avait cette main cachée dans le noir, grattant le fond de sa poche pour trouver quelques pièces…la poussière se coinçant sous ses ongles. Il y avait cette tête renversée en arrière, ses yeux devinés qui recherchaient la beauté d’un toit, les constellations de l’univers. Il y avait ces pas nonchalants suivant une route quelconque, abstraite, il fallait seulement bouger pour ne pas geler sur place. Ce froid, oui ce froid de décembre qui embrumait son cœur, le fatiguait et l’ensommeillait. Doucement battait-il, lui d’habitude si vigoureux, doucement pour ne pas éveiller les morts. Dans le cimetière de son être, il y avait des bouquets de souvenirs déposés à chaque tombe…des flammes vacillant dans l’obscurité, cette cavité, entre les organes et les parois. Entre les os et la peau…Ce noir brouillon, ce chaos dégénérescent. Des bougies qu’il allumait, des étincelles allumant, dans la cave qu’était son crâne, des images délavées. Des mémoires abandonnées aux idées présentes. Cachées dans un coin de sa tête, s’évanouissant dans l’obscure brume, les traits ne se dessinant que lorsque Takeshi brandissait la lumière. On espérait que le temps puisse anesthésier les plaies…les rendre moins humides et plus cicatrisées, on espérait que les heures et années se mouvant légèrement pouvaient panser les blessures et ne plus écorcher les membres. Oh, qu’on l’attendait cet hiver…qu’on attendait ces flocons qui, se déposant avec délicatesse sur les déchirures, mordillaient les fibres, brûlaient l’intérieur. Puis c’était comme se noyer…on souffrait, retenant sa respiration, expirant la fumée que provoquait cet incendie de glace. C’était comme se noyer, on ne voulait pas céder à la peine, on luttait, fermant la bouche, serrant la mâchoire…comme se noyer, jusqu’à ce qu’on laisse l’eau infiltrer les poumons, et plus rien ne faisait plus jamais mal. Il fallait seulement s’accommoder, accepter et inviter la douleur, elle seule pourrait être salutaire.
Non, en hiver, on ne ressentait plus rien. Tels les arbres ayant perdu leur glorieux feuillage, on perdait nos glorieux sentiments. Les déposant sous le pied d’un sapin, espérant que d’autres puissent ressentir quelque-chose, le sourire éclairant la face.
L’hiver tuait. L’hiver bataillait. L’hiver pinçait le nez de Takeshi et puis ses oreilles aussi. L’hiver griffait ses joues dorées leur donnant à toutes, la rougeur des coups.
Puis il y avait la recherche de la chaleur, dans ses propres vêtements usés, dans ses poches trouées, dans ses mitaines épuisées, dans son bonnet volé. On souhaitait se recroqueviller sur soi-même, trouver réconfort auprès de ces mêmes bougies…de ces dernières qui rallumaient les souvenances. Takeshi se souvenait, vaguement, dans la lumière d’une d’entre elles, de cette même saison dans un autre temps. Quand il était plus petit et plus innocent…la fameuse période des fêtes où chaque guirlande éclairait avec plaisir son petit visage rondouillet. C’était des apparitions soudaines de fantômes, resurgissant du noir de sa caboche…des traits, des odeurs, des émotions qui étiraient un rictus sur ses lèvres bleutées. Il se souvenait bien de son père, en costume, cachant sous son manteau des boites de chocolat pour chacun des Itô. Oh oui il se souvenait bien des cris de Sosuke, déclamant que ses gourmandises à lui étaient plus petites que celles de son grand-frère. Maman en riait souvent, disant qu’un si petit homme n’avait besoin d’autant de sucre. Qu’un si petit homme devait d’abord finir son diner avant de songer au dessert. Puis, l’image changeait, et le projecteur réfléchissait dans le fond de sa cervelle, la sensation d’avoir les bouts des doigts gelés sous des gants apprêtés. Un lourd manteau et une écharpe avalant son corps grandissant, il glissait avec maladresse sur un étendu blanc. Une patinoire à l’air libre. Une patinoire décorée par de petites étoiles artificielles, des rubans argentés et une masse ivre de rires et de bonheur.
L’ivresse du bonheur…Takeshi en crevait. Tel un alcoolique à qui l'on aurait arraché la bouteille, il cherchait la liqueur dans tous les recoins de l’existence. Il avait tenté de la mendier auprès des fous, de l’arracher au ciel nocturne, de l’amadouer dans des champs de son pays, de la récolter aux frontières de lèvres, aux horizons de regards étrangers. Parfois et seulement parfois, était-il enivré. Le reste n’était que du jeu. Des drogues de mauvaises qualités l’ennuyant, le lassant de leur goût banal. Et ça ne lui faisait plus rien de grimper par-dessus les grillages…ça ne lui faisait plus rien de voler, ni de courir…c’était devenu son putain de quotidien. Plus son excitation…il baignait dans la bêtise et n’en détectait plus la saveur. Sa gorge, irritée, s’asséchait de jour en jour…sa soif de nouveauté, de vie, d’explosions le poussant à repousser toujours plus les limites. Et la prochaine fois il soulèvera les montagnes…et la prochaine fois, il tentera ce qu’il n’avait jamais tenté auparavant. Ses pieds se suivant le long d’un chemin de fer, il s’éblouirait des phares d’un train, de la lumière de son existence essoufflée.
C’était ainsi. Sa connerie de vie. Qu’il détestait par moment mais qu’il ne pouvait échanger…pas par fierté, mais par appartenance. C’était la sienne, celle qu’il avait bâti de ses mains écorchées, celle qu’il avait dessiné. Ca n’en était pas une qu’il avait choisie entre les attentes des différentes personnes qui l’encerclaient, comme dans un supermarché, pesant le pour ou le contre d’un produit. C’était façonné par son souffle, immortalisé par ses présences.
Et il avait été là, une fois, dans cette ruelle, se battant avec un délinquant ou deux. Et puis là, derrière la vitre de ce magasin, lorsqu’il l’avait brisé de sa batte de baseball un jour de beuverie. Et encore là, dans cet appartement, d’une fille qu’il avait rencontrée par hasard : une nuit d’amour insensé.
Puis surtout dans ce lieu. Ce pseudo-restaurant médiocre qui ne vendait que des nouilles. Sans même réfléchir, il y rentra attendant peut-être le réconfort d’une alimentation pourrie. Fallait seulement que ça le réchauffe. Ca lui suffisait pleinement. Il connaissait le propriétaire depuis l’aube de l’adolescence…il savait qu’avec un sourire ou deux il attendrirait son battant et qu’il lui servirait les restes de la journée. C’était un père. Un ancien et vieux père qu’on appelait Ryo dans le coin. Takeshi avait connu son fils, un brave garçon avec qui il eut quelques éclats de rires. Puis il était décédé brusquement. Dans un accident de voitures, qu’on avait dit avec la violence de la réalité brute. Ryo s’était séparé de sa femme, et puis tenait ce business comme il le pouvait. Alors en voyant la face familière de Takeshi, il lui prépara avec honnêteté et bonté une soupe comme il avait pu le faire des années auparavant pour son propre gamin. Ils échangèrent quelques politesses, et que dire à un moitié-mort ? Si ce n’est des banalités. S’asseyant dos à la vitre, il ne prit pas la peine d’enlever ses vêtements et attaqua directement le met avec beaucoup de vigueur. Ca ruisselait le long de son menton, le long de sa gorge, remplissant son estomac d’un bouillon chaud, d’un plaisir et réconfort. Il n’avait pas mangé depuis bien deux jours maintenant, grignotant quelques-fois un petit pain dérobé, ou finissant des clopes trouvées parterre pour oublier la faim.
Et puis la cloche sonna, et une voix s’éleva. « Takeshi ? » Il avait pas trop envie de se retourner, pas trop envie d’être dérangé ce soir. Juste pour ce soir, il voulait respirer et oublier. Puis repartir trainer quelque-part et finir par s’endormir dans sa voiture. Juste pour ce soir. Mais, se nettoyant la bouche sur sa manche, il finit par jeter un coup d’œil derrière son dos par dépit et irritation. Et peut-être qu’on l’avait enfin retrouvé, et peut-être qu’on allait enfin l’achever.
Et peut-être…qu’une bougie se raviva et qu’un mort se réveilla. On disait que certaines personnes enterraient leurs proches avec une petite cloche à la surface, afin que la personne puisse sonner si elle était vivante. Takeshi l’avait enterré vivant. Tout simplement. Préférant la simplicité de la chose aux « au revoir » tragiques et malencontreux. Se relevant de stupeur surement, ou par honte qu’il le voit dans une telle position misérable, il replaça son bonnet, le remontant hors de son champs de vision pour être certain de l’illusion. C’était des traits familiers ensevelis sous d’autres étrangers. Une aura passée évanouie dans une présence différente. « Sosuke… » murmura-t-il, ou prononça-t-il plutôt à demi-voix. Il ne pouvait se tromper sur lui, pas sur son propre frère. Ca n’était pas un visage qu’on avait du mal à identifier après quelques temps, c’était un tatouage incrusté dans la cervelle, une remontrance et une vie attachée à ce môme. « Ben ça alors, » il osa un petit sourire, les yeux toujours aussi ronds « tu…je…enfin t’as vachement poussé. » Ca n’était plus le gamin d’auparavant…c’était un véritable « petit homme » comme le disait si bien la mère. Un peu plus mature, toujours à la bordure de l’enfance. Le premier poil sur le menton et la fierté bombant un torse encore squelettique. Se passant la main derrière la nuque, il reprit, réalisant enfin la situation, ayant une expression beaucoup moins étonnée et plus ferme « Tu devrais pas trop trainer là… » C’était vrai. Il était jeune, il était surement con, et il ne connaissait rien à la nuit et ses démons. Puis…il connaissait rien de ce démon-là…ce Itô-là, la fièvre dans le sang.

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Mar 5 Déc - 22:18

D I S T A N C E
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takeshi.
le modèle, l'icône, le premier. sosuke devait se scier les mêmes épaules, que ça lui plaise ou non. et ça lui plaisait, d'ailleurs. parce que son frère avait été tout ce qu'il avait aimé. les épuisements de son cœur, ses doigts fins qui courent contre le bois, les mots qu'il implantait dans son cerveau avec acharnement. tout lui avait été dédié, à chaque instant. il voulait juste, sentir sa main dans ses cheveux et être assuré qu'il n'aurait même plus à vivre une telle solitude. plutôt que de s'armer de fragments de souvenirs à la chaleur fade, sosuke préférait se vautrer dans la certitude. satisfait d'un quotidien qui ne lui demande rien de particulier, si ce n'est de se taire et d'avancer, il sentait ses jambes faiblir pour la première fois. quelque chose bouillonnait, à l'intérieur. son cœur se promenait au quatre coins de sa cage thoracique, marmonnant d'incompréhensibles complaintes. si cette rencontre était tout ce qu'il avait toujours voulu, pourquoi est-ce qu'il voulait s'étouffer maintenant? ses yeux, trop appliqués à repousser le flou qui les gagnaient, papillonnaient pour s'assurer d'une réalité déchirante.
le tableau qu'il a tant chéri n'a plus rien de glorieux. le crâne ensanglanté par une couronne d'épine, le petit roi aux mains couvertes de peinture avait perdu toutes ses couleurs. sosuke était torturé entre différentes envies qui faisaient, au final, toujours de lui un enfant (se réfugier dans ses bras. pleurer. s'enfuir. porter son poing à son visage. l'enlacer. disparaître.) mais le son de sa voix lui procura ce sentiment de confort, de sûreté. comme la mélodie familière d'une musique que l'on a trop écouté, jusqu'à ce qu'elle s'incruste dans l'oreille, qu'elle y prenne sa place et qu'elle se propage lentement jusqu'à la mémoire. ces bruits qui accueillent l'âme, qui la chérissent et qui l'enveloppent si doucement qu'y succomber serait correct. ces syllabes graves lui avaient offert plus de confort que sa propre maison l'avait fait dans une dizaine d'années. rien de très surprenant, lorsque l'on vit dans une bâtisse à l'atmosphère gelée, au goût de mort à chaque coin des pièces. et quand la seule personne avec qui cohabiter n'est qu'un fantôme opaques aux rêves piétinés. la commodité était trouvable partout, dans n'importe quoi. une salle de classe, un félin abandonné, la voix de takeshi. la chaleur le submergeait si brusquement, balayant les froides incertitudes des années précédentes. et pourtant la peur le menaçait encore, peut-être parce que tout semblait si éphémère qu'il en avait un goût âpre arrachant la base de sa langue. les yeux de sosuke roulent vers le ciel, désabusés. « tu t'attendais à ce que je reste petit toute ma vie? » tout bas. les coins de ses lèvres se sensibilisent naturellement. son esprit lui projette toutes les fois où son frère et lui comparaient leur taille sur une planche de bois, et toutes les fois où sosuke étirait tout son corps sur la pointe de ses pieds juste pour paraître plus grand. encore les spectres du passé.
un soupir profond s'échappe de ses poumons. le garçon brun trouvait ça quelque peu risible, que son frère prétendu disparu se soucie de lui à la dernière minute. qu'est-ce que la nuit pouvait bien lui faire, de toute façon. l'écorcher, le briser, l'anéantir? à un certain moment, sosuke avait été prêt à accueillir la destruction les bras grands ouverts. maintenant... ça n'était rien que le vide. ce béant trou noir, égoïste, qui s'emparait de chaque infime scintillement de sa petite vie. il lui faut un peu de courage pour renchérir. sa présence n'est peut-être pas désirée, il n'en sait rien. ça n'était pas comme s'il avait vraiment le choix, ses pieds étant planté dans un sol féroce. « en six ans, t'avais quand même largement le temps de trouver un meilleur truc à dire que ça. » les mots crachés comme un venin – un venin qui ne brûle que son propriétaire, érodant ses lèvres. il n'avait pas la force de prononcer ne serait-ce qu'un seul reproche. tous étaient coincés dans son ventre, lui imposant une sévère nausée. « t'es pas censé me protéger si il m'arrive quelque chose? » ironie et ridicule, mêlés à une voix tremblante si peu assurée, qu'elle en devient triste à un point que sosuke n'imaginait même pas. il ne fait que répéter les mots stupides que des parents avaient réitéré durant l'enfance. enfin, il se défait du sol et parvient à se mouvoir. il ne sait pas vraiment ce qu'il fait, sans réfléchir, ses jambes le portent jusqu'au siège à côté de l'autre garçon. takeshi avait raison, il n'avait rien à faire ici. il aurait dû s'en aller, retourner au brut réel. mais il voulait s'accrocher encore fermement à l'illusion qu'il gardait précieusement contre son lui, et plus il s'en rapprochait, plus il était persuadé qu'il allait se réveiller à un moment ou un autre, oppressé dans des draps qui étouffaient ses rêves pendant de nombreuses nuits.
il constate la figure familière, et d'une certaine façon, son cœur se brise sous les constats. il voit les vêtements, le repas médiocre, et rapidement, une part de lui ne sait plus vraiment à qui il à affaire. il ne s'y attarde pas plus que ça, les pulsations de son organe vital ne le trompent pas. même privé de sa vue, il ne se serait trompé. les centaines de questions qui brûlent sa gorge se tassent. sosuke crève de l'intérieur, la proximité lui enflamme douloureusement le cœur. rien ne lui semble juste, comme d'habitude, rien n'est correct aux yeux du petit garçon oublié. « tu aurais pu te cacher dans un meilleur endroit que chez ryu. » c'est le gamin qui parle, celui qui n'accepte pas d'être embourbé dans un désespoir trop dense pour quelqu'un de si frêle. celui qui compare l'abandon à un jeu de cache-cache, parce que ça fait moins pleurer, de le dire comme ça.
ses mots bancals, qui ne lui apporte aucun réconfort dans le froid de ses peurs les plus vivaces.
«Itô Takeshi»
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Ven 22 Déc - 18:33

distances
s o u n d
tenue Il se demandait parfois quelle saveur aurait eu sa vie s’il avait couru dans une direction différente. Si ses pieds s’étaient écorchés contre les chemins infantilisés de la société, s’il avait poursuivi un quelconque bus pour retrouver le bureau gravé de sa classe anthracite…s’il avait souri aux jeunes filles en fleur, les cheveux mêlés aux délicatesses de la crédulité et des pétales de cerisiers. S’il n’avait pas à son tour taillé dans le bois de son banc, des mots déchirés d’un écorché à vif…des syllabes embrasées de fougue et d’envies interdites. Il y avait un gout amer dévalant dans le fond de sa gorge, une bile noire ou jaune ruisselant le long de sa paroi, rongeant sa honte et sa gêne…il y avait cette figure lointaine ombragée par les saules pleureurs de son passé. Et sous les branches, le jeune frère attendait toujours que le soleil puisse traverser les feuillages.
Peut-être aurait-il été plus exemplaire. Peut-être serait-il, en cette fauve nuit, griffée par les vents froids de l’hiver, entouré des bras d’une femme qu’il aurait aimé. Le feu éteint, la braise calmée, les souffles de l’été arrachant son visage des sourires endiablés. Les étoiles auraient-elles narrées son histoire ? L’univers aurait-il ouvert ses genoux, laissant le cosmos naviguer sur sa peau dorée ? Le miel d’une enfance naïve aurait-elle adoucie les plaies béantes de son cœur abym-é ?
Takeshi s’était posé la question, une fois…sous la pluie battante d’un automne hanté par la malade solitude. Celle qui traînait ses draps salis par les larmes et les cauchemars. Celle qui traînait les virus de la tristesse, enfiévrée, rebelle, fatiguée…déprimée. Takeshi aurait-il dû ne jamais jouer ? Les dés n’auraient pas dû être lancés. C’est ce qu’au fond craignait-il…les doutes, et dans ses mains, les cendres de sa vie infernale. L’enfer s’autodétruirait-il ? Et la gueule ouverte, les mouches tremblantes à l’odeur infâme du cadavre, les vers ayant trouvé refuge dans ses tripes, retrouverait-on le regret dans ses yeux vitreux ? Pâles…comme la mort. Vides…comme son être. Lorsque son épaule s’entrechoquait à une autre, il voyait ses propres traits s’envoler et prendre possession d’un autre corps que le sien. Tantôt un directeur d’une fameuse entreprise, étouffé dans un costard cravate pour lequel il s’était égorgé. Tantôt père de famille, attirant son enfant plus fort encore contre sa poitrine, là où sa vie vibrait pour celle d’un autre…Tantôt étudiant à l’esprit barbouillé de connaissances encore natives, encore faibles et fragiles. Takeshi s’était vu sous toutes ses formes. Toutes.
Et dans le regard de Sosuke, il se voyait autrement…comme un enfant. Un enfant qu’on aurait grondé pour une bêtise quelconque. Comme un chenapan. Comme un perdant.
S’était-il fait avoir par ses idéaux ? L’avaient-ils conduit, comme un âne attiré par une carotte, dans des bois plus sombres que la nuit vague dans laquelle il se plongeait sans cesse ? Durant un battement de cils, il ne voyait plus la lumière.
Il ne voyait plus le flambeau qu’il avait prétendument tenu toute sa vie.
Il ne voyait que les doutes et les remords.
Un battement de cœur, et la peine s’infusait dans les veines.
Il voyait Sosuke comme on pouvait voir une photographie de jeunesse. On reconnaissait les tracés, les contours, et parfois même des odeurs remontaient à la surface de notre cerveau…et pourtant on ne savait nommer. L’étrange familiarité l’envahissait, un plongeon dans une mémoire souillée qu’il avait préféré oublié.
Il se souvenait des phrases trop longues, des lourdes respirations et la vitesse de la chute. Des sacs jetés en bas de l’escalier à ses pieds terreux. Des visages qu’il ne distinguait pas véritablement dans la hauteur et l’ombre d’un couloir connu. Des émotions nouvelles et pourtant si expérimentées…la colère et la haine. La trahison et l’incompréhension. Puis le désespoir et cette unique chose dévorant son intérieur, l’angoisse. L’angoisse de l’instant, de l’avenir, du devenir. L’angoisse du moment, de la voix et de la destinée.
L’interdiction était tombée sur lui comme la pluie chaude des étés. Virulente, dure, tapant le crâne pour l’engourdir. Pour que le son écrase les mots qu’il aurait pu former pour sa défense. « Mais… » aurait-il voulu formulé. Mais…hébété il s’était tut tout simplement, le regard endommagé comme un champ de guerre, l’âme régnant dans un no-man’s land. La vérité était qu’il s’était pris les pieds dans le tapis de sa lâcheté. Il avait été plus facile de tout effacer que de cicatriser, cela ne prenait que du temps…du temps qui s’écoulait rapidement dans ses courses sauvages…dans ses rires retentissants. Il était semblable au tonnerre, voguant dans le ciel à la recherche d’un endroit où établir toute sa haine. Oubliant derrière lui le soleil qu’il avait recouvert de son manteau gris. Il s’éblouissait d’éclairs, de plaisirs éphémères, grondant en lui, rugissant dans sa cage thoracique et faisant vibrer tous ses os rouillés. Il fallait seulement s’occuper peut-être…trouver des jeux évanescents pour remplacer les occupations d’antan…les conversations qui le faisaient sourire sincèrement. Les adorables vêtements dans lesquels il flottait parfois tel un bambin que l’on couvrait d’attention. Oh comme cela était évident à présent…que toutes ces années ne furent que superficielles…s’agençant de sorte à étouffer la fosse s’étant creusée dans sa poitrine. Comme toutes ces heures n’avaient été là, explosant à sa face, que pour qu’il ne voit pas le chaos qu’il avait laissé derrière lui…Et ça le plongeait à présent…dans ce qu’il avait semé.
Ma foi, il était vrai, se disait-il en son for intérieur, qu’il ne créait que la destruction.
« tu t'attendais à ce que je reste petit toute ma vie? » C’était drôle la manière dont il le disait, comme une bonne plaisanterie faite au coin de la cour de récréation entre amis. Comme lorsqu’on riait sur les amourettes fugaces d’un camarade ou se moquait des maladresses d’un élève un peu perdu. La bêtise retombait en lui, comme une bille de plomb dans l’eau. C’était con de le formulait ainsi, mais quelque-part, oui…oui avait-il envie de murmurer. Oui. « Non bien sûr que non », la main fut passée derrière la nuque, faisant virevolter cette petite voix dans le fond de sa tête ressassant les anecdotes du passé. Oui…il l’aurait souhaité. Parce que ce qu’il voyait devant lui, étaient les années qui avaient défilées. Ouvrant les yeux, tel un ressuscité, la supercherie paraissait trop grande pour pouvoir être réalité. Oui…il l’aurait souhaité. Parce que la vérité faisait mal, s’enfonçant dans ses poumons comme une épingle transperçant sa chair, et dans un «pop » toutes ses veines se fissuraient. Les blessures étaient minimes mais elles brûlaient et irritaient toute sa personne.
Six ans. En six ans, un enfant grandissait. En six ans, il connaissait ses premiers déboires. Ses premiers amours. De nouvelles expériences tapissant sa vie. Six ans. Six ans de silence. Il avait raté tout cela et personne ne l’avait attendu. Quelque-part, avait-il espéré que tout serait figé, là-bas, dans le front qu’il avait déserté. Que les fusils seraient toujours pointés sur lui, que les balles, élancées dans leur mission criminelle, retomberaient contre le mur de ses pensées et morales. Mais on ne l’avait pas attendu…on avait pris l’autoroute…on s’était cassé. Et peut-être qu’au fond, c’était eux qui l’avaient oublié. Car il était plus facile d’arracher la mauvaise herbe, que le jardin tout entier. « en six ans, t'avais quand même largement le temps de trouver un meilleur truc à dire que ça. » En six ans il aurait dû crever. C’était le plan. Mourir à seize ans, dans le froid de l’hiver, dans la solitude et la faim. Crever en hurlant à la lune encore et toujours ses maux pour l’humanité. Il aurait préféré ne jamais revoir Sosuke, et telle était la sombre vérité. Il aurait voulu, là, le prendre par le cou et l’étouffer pour qu’il se taise à jamais et ne revienne plus le hanter. Parce que dans le fond de son regard, il y avait l’immense douleur qu’il n’avait jamais pris la peine de panser. Celle qui lui faisait tourner la tête et parfois même halluciner…Cette peur de le croiser au détour d’une ruelle, dans le fond d’un parc, sourire aux lèvres, le futur déployé entre ses mains. Il n’en parlait pas. Prétendait être sans famille car ça évitait les questions trop indiscrètes, trop malicieuses, rentrant dans son inconscient et en tirant les cadavres qu’il avait enterré vivants.
Parce que c’est ce qu’il avait fait : il avait enfoui tout son passé. Par fierté surement, par jalousie aussi, par crainte certainement. « t'es pas censé me protéger si il m'arrive quelque chose? » « Non… », c’était automatique, une leçon qu’il avait appris par cœur. L’unique règle qui avait martelé son esprit jusqu’à ce qu’il en saigne et s’évanouisse dans la nature. L’interdiction incandescente brillait encore dans ses mémoires. « Non plus maintenant… » et sa voix était si amoindrie, elle qui paraissait rugir ou rire à chacune de ses phases, elle n'était presque qu'un murmure lancé dans une veillée funèbre. Docilement comme un chiot qu’on aurait puni, il n'osait aboyer trop fort de peur de réveiller les morts. « T’es un petit homme maintenant. » Il s’essaya à un sourire qui ne s’étira que le temps d’un souffle…Que le temps qu’il ne prenne conscience qu’il n’était plus véritablement son frère. Qu’il lui était un simple et pur étranger. « T’as pas besoin de moi. » De l’autre côté du miroir avait écrit Lewis…c’était deux mondes qui s’entrechoquaient, deux tempêtes différentes, toutes deux ne menant qu’à la peine et l’engourdissement. Et alors quoi ? Qu’avait-il espéré ? Qu’après toutes ces années, Sosuke saute à son cou, les larmes chaudes s’écoulant sur son cou ? Que sa mère et son père traversent l’entrée, une main salvatrice reposant sur son épaule, et, avec naïveté, la fierté dans le rebord des yeux ? Et il se mentait en disant qu’il n’en avait pas besoin…de ça, de cette famille idéale qu’il réinventait dans ses fantaisies tourmentées…dans les recoins de son crâne amoché par les astres et les déités. Parce que Takeshi voulait pleurer…la boule se formant dans le fond de son gosier…comme le fier n’avait plus rien à répliquer. Il voulait pleurer en voyant qu’il n’était toujours pas pardonné.
C’était néanmoins un contraste incompréhensible, redressant son dos, il effaçait d’un revers de la main toutes ces pensées. Non. Il n’avait besoin de rien. De rien que de lui et de ses combats. Lui et ses idées. Lui et sa bataille. Tel un soldat enfouissant dans la poche de sa veste, la lettre de sa bien-aimée, il continuait à tracer dans le sillage de ses chimères.
S’asseyant de nouveau à sa place, suivant inconsciemment le mouvement du plus jeune, il repoussa son bol sur le côté, essuyant ses lèvres de traces éventuelles d’un repas qu’il aurait voulu continuer à dévorer. « tu aurais pu te cacher dans un meilleur endroit que chez ryu. », un rictus creusa une fossette sur sa joue perlant de dorure sous la lumière tamisée et grésillante par moment du restaurant. « Tu veux que je me cache ? » les doigts tapotaient le bord de la table, dans un rythme notant l’inconfort de la situation. Les yeux se perdaient rapidement dans les alentours, étant captés par de nouvelles informations, des choses qu’il avait déjà observé des centaines de fois mais qui dans le ridicule du moment semblaient être tellement plus intéressantes.
C’était le silence qui le rendait malade. Il aurait tout donné pour quitter la pièce. Pour filer quelques sous à Sosuke, et se casser toute simplement. S’évanouir dans le froid et la noirceur de la nocturne amante. Se retrouver dans la lueur de ses phares, la route défilant encore et toujours…morne…indifférente…Un lavage de cerveau s’imposerait. De l’alcool pour noyer les démons, peut-être une ou deux clopes (une dizaine) pour enfumer les fantômes…les faire fuir avec son encens nicotine. Et puis des baisers échangés avec des inconnues, pour laver sa langue de l’étrangeté de ses mots. Se retrouver, le lendemain matin, dans les draps usées par des corps épuisés, à la grandeur timide d’une aube dentelée.
C’était le silence qui le tuait. Comme tout est simple en vérité, se disait-il, qu’est-ce qui le retenait véritablement ? Takeshi était connu pour son infidélité, pour son côté volage et ses ailes trop grandes qu’on ne pouvait déplumer. Pour ses rêveries trop fantasques qui le menaient dans l’océan déchainé. Pirate, il n’avait pas peur de ça…il avait peur de cette quiétude terrifiante qui engorgeait la pièce…De cette mer calme et presque trop claire d’où l’on pouvait apercevoir la plage. « Tu veux quelque-chose ? » finit-il par lâcher, dans le vent, ne regardant même pas l’autre Itô. L’unique Itô à vrai dire.

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