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 dig your nails in my thighs for old times' sake – haena&mina

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TOKYO AND ME


MessageSujet: dig your nails in my thighs for old times' sake – haena&mina   Mer 27 Juil - 16:09



"dig your nails in my thighs for old times' sake"


if two forces of nature meet, it always ends up bad - in a good way.




« Ce n’est pas mon problème, Kanata. Et tu me fais perdre mon temps, ça va bientôt être trop tard pour attraper un déjeuner chez McDonald’s. Et tu sais que j’aime déjeuner chez McDonald’s. »

« Écoute gamine. T’auras ton argent comme d’habitude, juste pas aujourd’hui. Comme tu peux le voir – je ne suis pas… en état d’aller à la banque. Mais t’auras ton argent. Demain, dernier délai. Je t’donne ma parole. »

« Pour un chef de gang, t’es vraiment une tapette. » Haena arqua un sourcil, tête légèrement penchée alors que ses yeux scrutaient la blessure du vieil homme d’un air désintéressé. L’instinct la poussa à tenter de repérer les symptômes : joues rougies de fièvre, yeux vaguement indécis, respiration lourde et insuffisante, transpiration anormale, hémorragie – les deux balles qu’il avait entre ses côtes avaient certainement causé des dégâts assez importants, s’il n’allait pas mourir d’infection, vu le tissu sale qu’il gardait contre sa plaie, il allait se vider de son sang. La femme sentit ses doigts trembler fébrilement dans l’envie d’y toucher,  d’y remédier, de sauver sa putain de vie car il n’allait pas survivre sans attention médicale. Une chirurgie inévitable. Mais elle n’en dit rien. Elle renferma sa main sur le poing de son pistolet et haussa des épaules, un sourire taquin aux lèvres et pas un seul signe d’empathie sur son visage. « Ce n’est pas mon problème. » Elle vit l’homme trembler de haine, elle ne cligna même pas, ce n’était pas une première fois, après tout. S’il n’était pas une menace en temps normal, entouré de ses hommes et armé jusqu’au cou, ce n’est pas avec un t-shirt trempé de sang qu’il allait la faire fuir. Elle passa une main dans ses cheveux. « Ohlala. Vous m’avez demandé de hacker un organisme de l’armé. J’l’ai fait. Et maintenant, je veux mon argent. Pas demain. Maintenant. Tout de suite. Avant que je ne vous saute accidentellement. Je sais viser mais parfois, je me trompe et ça finit mal. Oops. Genre entre vos jambes. Ça serait dommage. »

Les menaces ne semblaient pourtant pas marcher sur lui, si ce n’est l’étourdir, ça ne faisait que l’énerver davantage. Il continua. « Mais – je saigne. Ça ne vous fait ni chaud ni froid au cœur ? »

« Moi aussi, je saigne, une fois par mois, mais on s’en fout. » Elle roula les yeux, puis rit, mais ça sonnait mal – presque sadique. « Je veux mon argent, Kanata. Laissez tomber les petites discussions. Vous savez que je me contrefous de si vous vous videz de votre sang – de si vous mourrez. Je peux toujours prendre l’argent directement de votre compte bancaire, je préfère juste le cash. » Elle tira la chaise de la table et s’y logea paresseusement, observa le chef souffrir sur le matelas de son lit. Un téléphone sonna, et ce n’était pas le sien. Le mafieux répondit sans demander l’avis de la jeune fille et elle comprit, quand il récita le numéro de l’étage et de l’appartement dans lesquels ils se trouvaient, qu’il avait appelé de l’aide. Sûrement des renforts pour le prendre à l’hôpital. « T’as appelé tes minions ? Pas trop tôt. » Elle arqua ses sourcils. « Dois-je préparer mon arme ou… ? »

« Fais pas la gamine, Jung, je ne vais pas te tuer. On a besoin de toi. »

« Oui, mais tu n’vas pas non plus me donner mon argent, à ce que je vois. » Elle lâcha un souffle exaspéré. « Pourquoi vous, les gangs, vous faites les durs et vous tuez les autres quand on vous rend pas votre argent, mais quand c’est vous qui nous devez de l’argent, vous vous blessez à la James Bond et vous en faites tout un film ? » Or la question resta suspendu – était-ce vraiment une question ? Elle ne voulait que l’agacer. Les gens mourants étaient drôles quand irrités – et on ne toqua pas à la porte, mais celle-ci fut claquée contre le mur avec une force inutile pour révéler trois hommes armés, leurs armes déjà pointés contre elle. Elle roula les yeux, mais elle sourit quand même, son propre pistolet déjà en main. « Enfin. » Elle les salua de la main. « Coucou – vous avez mon argent ? »

Ils l’ignorèrent, tout comme Kanata qui leur ordonna de baisser leurs armes afin de presser un sujet plus urgent. « Où est le doc ? »

« Le doc ? J’croyais qu’il n’y avait que des chiens de garde dans votre club de pédés hors-la-loi. » Il l’ignora encore, pas sans laisser un soupir – il ne voulait que la buter, honnêtement. On l’informa qu’elle arrivait avec l’équipement nécessaire pour éviter l’hôpital. Alors il se laissa retomber contre son lit mais Haena savait que c’était involontaire. Ses organes le lâchaient. « Ooh. Une femme ? Encore mieux. J’suppose que si elle est bonne elle pourra te sauver la vie – mais j’en doute. J’parie que tu vas mourir dans vingt minutes. » Les trois hommes s’échangèrent des regards incertains puis fixèrent la femme qui, d’un rictus taquin, répondit d’un « quoi ? Vous n’avez jamais vu un sociopathe devant vous ? Boo. » C’était exactement à ce moment même qu’on toqua à la porte (geste encore inutile, vu que celle-ci était déjà ouverte.) La Jung se retourna vers la silhouette dudit docteur, une remarque cynique déjà présente sous sa langue, et observa son dos tandis qu’elle refermait la porte. Elle portait ses affaires dans un sac à dos, ses cheveux de longs vagues dorées. Haena se dit que la forme de l’arrivante était étrangement familière mais rien de plus – or quand le doc se retourna, le sourire du hacker vacilla et perdit de son éclat. Rien de bien remarquable aux yeux des étrangers, elle portait toujours cet air insouciant qui soulignait sa nonchalance – mais devant elle se tenait la seule personne au monde qui savait lire à travers la courbe sur ses lèvres.

Heo Mina.

Cette femme – cette putain de femme qui arrivait toujours à énerver la Coréenne sans effort. Une réaction primitive de la part de Haena qui, sur le coup, ses yeux fixés sur elle, se demandait pourquoi son cœur titubait à sa vue. Ce n’était rien de soulageant, et tandis qu’elle ne ressentait rien en particulier, elle arrivait à voir les émotions danser dans les prunelles du docteur (docteur ? Comment ? Elle n’était pas docteure – pouvait pas l’être en si peu de temps, ou après s’être faite éjecter du programme.) Fidèle à sa réputation, elle reprit un sourire et ravala ses questions. (Peut-être qu’on ne savait rien du passé de Mina, et elle n’allait pas lui faire des problèmes. Pas qu’elle s’inquiétait, ce n’était juste pas son problème. « Coucou, doc. Bon toi, j’suis sûre que t’as pas mon argent. » Elle lâcha son arme contre la table, se redressa contre sa chaise et regarda un Kanata inconscient. « Mais lui, il l’a. Alors s’il te plaît, retire les deux balles, recolle les morceaux – qu’on en finisse. J’ai vraiment pas toute la journée pour ça. » Elle se retourna vers la femme, souriante mais notablement moins amusée. (Elle se sentait énervée, soudain.) « Mina, le nom roula sur sa langue naturellement, ou plutôt docteur Heo ? »

(Et si Mina se concentrait rien qu’un petit peu, elle pourrait voir que le sourire du sociopathe n’était que sincère, exclusif, intime – familier malgré sa malice.)



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Dernière édition par Jung Haena le Jeu 28 Juil - 17:45, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: dig your nails in my thighs for old times' sake – haena&mina   Mer 27 Juil - 21:42



"dig your nails in my thighs for old times' sake"


if two forces of nature meet, it always ends up bad - in a good way.


La pluie s'abattait sur son être, sa silhouette errant dans les rues telle une âme perdue, la gamine, ses joues empourprées, se rendait à son domicile provisoire, l'esprit troublé, le cœur meurtrit. Comme chaque soir, la coréenne passait par ce pont où elle aimait s'arrêter pour observer le paysage, son esprit candide s'imaginant une vie totalement différente de ce qu'elle menait actuellement, une vie dont elle ne cessait de rêver jour après jour, nuit après nuit. Son organe vital tambourinait dans sa cage thoracique, son corps grelottant de part ses vêtements trempés, ses cheveux mouillés collant à son épiderme semblable à de la porcelaine, la fillette, à contrecoeur, s'éloignait petit à petit de son havre de paix, se dirigeant une fois pour toute dans son appartement aussi piteux soit-il, reflet de la misérable vie qu'elle menait à présent.

Le bordel tokyoïte était en effervescence en ce soir de juillet malgré le déluge qui s'abattait sur la capitale. De chez elle, les relents des canalisations lui rappelait constamment que l'endroit reculé dans lequel la jouvencelle vivait était l'un des endroits les plus malfamés, un endroit où agitation rime affliction. Oui, Mina n'était aucunement en sécurité dans son appartement et, la moindre occasion de s'éclipser de cet endroit paumé, insalubre et en ruine était à prendre, même s'il s'agissait de retrouver un putain de chaton à l'autre bout du pays. Alors, lorsque son cellulaire s'était mit à vibrer, provoquant un boucan dans son petit studio, et qu'elle avait répondu, la voix masculine lui demandant ses services pour un chef de gang ensanglanté, la gamine n'avait point hésité à accepter l'offre, se hâtant même d'enfiler ces quelques vêtements, prenant au passage son sac à dos lequel contenant son équipement indispensable pour ce genre d'événements, généralement mouvementés.

Une fois à l'extérieur, son mobile s'était de nouveau agité dans sa poche. Mina, de ses doigts agiles, consultait ce dernier pour constater que l'adresse à laquelle elle devait se rendre n'était qu'à quelques pâtés de maisons mais qu'elle ne devait aucunement bouger de chez elle, qu'elle serait prise en main par des personnes compétentes. Balivernes se mettait-elle à penser, lâchant alors un léger soupir, c'était la meilleure manière pour eux de lui faire perdre du temps mais soit, mademoiselle Heo allait se plier aux exigences de messire Kanata, un homme dont les mots confiance et loyauté ne font pas partit de son vocabulaire.

Les deux guignols étant venus chercher « le médecin de l'ombre » - comme certains aimaient l'appeler, ils se rendaient enfin dans l'appartement où leur présumé chef gisait à même le sol, des blessures bien profondes attendant la jeune fille. La tête baissée, sa casquette vissée sur son crâne, la coréenne avait toquée à la porte tout en entrant une fois arrivée sur les lieux, n'hésitant pas à détailler les lieux une fois la porte refermée.

Puis, ses lèvres s'étaient entrouvertes en la voyant,

Son regard froid et cette expression qui ne quittait jamais son visage,

Jamais Mina aurait pu croire la revoir ici, dans de telles conditions.


Son esprit était chamboulé, tout se mélangeait, s'entremêlait, formant des nœuds dans son cerveau alors qu'elle tentait vainement d'oublier toutes les réminiscence de leur amitié fusionnelle partagée depuis leur plus tendre enfance, lien brisé après l'enfouissement dans cette vie maudite de Mina, elle qui s'éloignait volontairement de Haena, ne voulant pas l'attirer dans les tréfonds des ténèbres dans lequel, la gamine autrefois candide, s'était enfoncé. « Kanata San, tout ira bien pour vous désormais, croyez moi d'ici une heure vous pourrez de nouveau respirer convenablement. »

Passant devant son âme sœur, la coréenne n'avait pas osé posé ses yeux sur elle une nouvelle fois, préférant se concentrer sur les soins de l'homme qui en avait réellement besoin, se murant alors dans son propre silence, se protégeant dans cette bulle imaginaire, ignorant tout ce qui pouvait se produire autour d'elle. Ouvrir, examiner, soigner, refermer, cette routine permettait à Mina de s'échapper dans son univers, ses mains expertes s'occupant agilement des blessures par balles du mafioso sous les yeux ébahis de ses hommes de mains. « C'est Mina. Docteur Heo appartient au passé, Haena. » Le ton glacial, professionnel sans aucune émotion dans le timbre de sa voix reflétait très bien toute l'amertume qu'elle possédait, non pas contre son amie, mais envers elle même et elle seule, personne d'autre. Elle s'en voulait tant d'avoir privé la fille qu'elle aimait plus que tout au monde du rêve que toutes deux partageaient, autrefois.

« J'ai fini, j'emprunte votre salle de bain. » Se relevant, ramassant au passage tout son matériel tout en se dirigeant vers la salle d'eau, la chirurgienne avait, dans un excès de culpabilité, de colère, de tristesse, claqué violemment cette cloison en bois tout en balançant au travers de la pièce ses ustensiles, son corps s'échouant lamentablement sur le sol, ses gants ensanglantés tâchant ses vêtements. Peu importe, c'était en réalité le plus mineur de tout ses problèmes, elle qui redoutait la confrontation imminente avec l'imprévisible Haena qui allait arriver d'une minute à l'autre, c'était évident.

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MessageSujet: Re: dig your nails in my thighs for old times' sake – haena&mina   Jeu 28 Juil - 20:17



"dig your nails in my thighs for old times' sake"


if two forces of nature meet, it always ends up bad - in a good way.


Quelques années, déjà, depuis la dernière fois qu’elle l’avait vu devant elle. Combien, exactement ? Elle n’en avait aucune idée, c’était une période brusque et biscornue, après l’incident à l’hôpital, les laissant avec l’impression de vivre en slow motion, un bon moment, puis dans la hâte d’une vie radicalement différente, une vie qu’elles n’avaient pas délibérément choisi. Entre le temps que ç’avait pris pour quitter le programme (quitter était la décision de Haena, Mina s’était plutôt faite éjecter suite à son… erreur), le temps que ç’avait pris pour régulariser leurs statuts et leurs papiers afin de quitter le pays sans trace ni de problèmes, elles avaient fini par perdre la notion du temps. La dernière image qu’elle avait gardée de l’aîné n’était pas des plus rassurantes : elles étaient à l’aéroport nippon, tout juste arrivées quand celle-ci lui avait annoncé qu’elle voulait en fait rester seule. Qu’elle voulait vivre seule, marcher sa propre route. Haena avait compris de ses mots qu’elle ne voulait juste pas d’elle, qu’elle n’était plus la bienvenue dans sa vie et n’en dit rien de plus. Elle avait hoché des épaules, de cet air désintéressé qu’elle aimait tant afficher, même pas un mot pour la saluer ou, au contraire, lui demander de rester.

Une fois qu’elle s’était trouvée un logement, ou plutôt, une fois qu’elle avait hacké le système d’un groupement d’assurance pour ‘hériter’ miraculeusement d’un appartement à Meguro d’une vieille dame récemment décédée, elle s’était méticuleusement occupé de tout ce qui circulait en ligne à propos d’elles. Elle s’était occupée de tous ces… articles à propos de la mort de sa mère, ainsi que celle du patient de Mina, avait décidé que la moindre des choses qu'elle pouvait faire pour elle était d’offrir à son amie un nouveau départ comme elle le souhaitait. Après tout, elle le méritait bien, malgré tout.

« Kanata San, tout ira bien pour vous désormais, croyez moi d'ici une heure vous pourrez de nouveau respirer convenablement. »

Haena sourit quand le doc ignora ses chaleureuses salutations. Réaction plus ou moins prévisible, mais pas moins amusante. C’était peut-être délibéré – après tout, Mina ne voulait plus d’elle dans sa vie, elle avait rendue ça clair aux yeux de la plus jeune – ou peut-être que c’était à défaut d’être occupée par des choses plus importantes. Des choses comme un homme mourant avec deux balles aux côtes qui se vidait de son sang sur son propre lit. Elle s’en foutait amplement, cela dit, et s’il y avait bien une émotion palpable en elle, à ce moment-là, c’était de l’ennui associé à de la colère. Surtout de l’ennui. Elle reprit son arme et les trois mafieux qu’étaient venus au secours de leur maître fit de même. Elle roula les yeux et se concentra plutôt sur le médecin. Elle pouvait lire sur ses yeux diverses choses, des sentiments emmêlés qu’elle n’allait pas chercher à démêler, mais surtout, cette aise qu’elle n’avait pas vu en elle depuis la dernière fois qu’elles avaient mises les pieds dans le bloc opératoire. Elle pouvait l’entendre réciter : ouvrir, examiner, soigner, refermer. Le mantra de tout chirurgien qui se respectait. Haena la contempla et se dit que c’était toujours aussi agréable, de l’observer travailler. Ça lui manquait presque.

« C'est Mina. Docteur Heo appartient au passé, Haena. »

« Mina chan, » ricana-t-elle mélodieusement, inconsciente du trouble de celle-ci. Enfin, consciente mais peu soucieuse. Son ton fut tout le contraire de celui de l’aînée : bas, casuel, et maladivement affectueux. Tandis qu’elle n’était pas en mesure de ressentir, ou marquer ses émotions, si elle en avait, elle était cependant capable de s’énerver (ou de s’ennuyer, c’était probablement les seuls sentiments qu’elle arrivait à sentir). Tout comme elle était capable de se contrôler dans de tels états. Elle préférait, plutôt que de manifester sa rage, irriter les gens. C’était plus facile, moins fatiguant. Elle bailla, cilla avant de se redresser et de croiser ses jambes, son arme toujours logée dans sa main. « Oh. C’est dommage, j’aimais bien quand tu jouais docteur avec moi. » Sourire suggestif, sourcils arqués. Mina n’était pas la seule à avoir changé – Haena ne se reconnaissait plus dans un miroir. C’était rien d’inhabituel, les gens changent tout le temps, le cycle de la vie, tout ça – ennuyeux. Cliché. Or c’était bien l’effet cause, conséquence. Trauma, préfèrent les psychologues. La froideur de la Heo ne l’impressionna même pas, elle ne s’attendait pas à moins que ça.

« J'ai fini, j'emprunte votre salle de bain. » annonça-t-elle un bon moment plus tard. C’est qu’elle devait être aussi compétente qu’elle ne l’était il y a quelques années, si elle était arrivée à le sauver sans assistance. Elle se relève, ramasse ses instruments et se dirige vers ladite pièce de pas feutrés. « Ah. C’était rapide. » Remarque lancée par une hackeuse qui s’était déjà approché du patient pour inspecter le travail de près. Kanata était vraiment chanceux d’avoir reçu des soins de sa part – un autre médecin n’aurait probablement pas réussi une telle finition dans des conditions pareilles. « Impeccable, comme toujours. » Elle hocha de la tête pour articuler ses propos, se retournant vers les hommes. Elle ouvrit ses lèvres, mais les referma instantanément quand un bruit – un claquement de métal contre le marbre du sol – résonna dans l’appartement. Elle roula les yeux. « Vous entendez ça ? C’est un signe du ciel. Signe qu’il est temps pour vous trois de déguerpir d’ici. Ouste. » Ils l’observent mais ne réagîmes pas. Elle soupire bruyamment. « D’accord, je vous explique. Le doc a enlevé deux balles du corps de votre Kanata senpai. Deux balles certainement infectés. Les microbes vont se multiplier. Sa fièvre va augmenter visiblement. Il va transpirer comme un porc. A ce stade-là, il va avoir besoin – s’il est chanceux – d’être hospitalisée pour infection. Ou peut-être pour une occlusion intestinale si la balle a touché des parties qu’on ne peut pas repérer sans matériel ou observation médicale. » Elle prit un souffle, se redressant avec un grand sourire. « Donc vous pouvez rester plantés là à me regarder jusqu’à ce que je m’énerve assez pour vous buter. Ou, vous pouvez le prendre à un hôpital pour qu’on vous dise quoi faire pour nous éviter tout un train de problèmes. A vous de voir. » Ses mots avaient leurs effets, et elle ne cligna même pas quand les gorilles la poussèrent pour porter l’homme et le sortir enfin de la pièce, soudain paniqués. Elle roula les yeux. Amateurs. La gamine n’hésita pas avant de lâcher un « ça ne veut pas dire que j’ai oublié mon argent ! » qu’on ignora royalement.

Elle inspira profondément, cachant son arme dans son étui avant de se retourner vers la porte qui la séparait de son amie. Le sourire qu’elle exhibait vacilla, puis s’effaça, laissant derrière une ligne fine. Façades à côté, c’était Mina derrière cette porte – sa Mina, celle qu’elle avait passé plus de dix ans à protéger dans les ombres avant qu’elle ne décide de partir. La seule qui comptait. Elle s’approcha de longs pas, soufflant légèrement avant de reprendre un rictus taquin. Elle ne toqua pas, plutôt, elle s’infiltra dans la pièce pour trouver la femme assise sur le sol au beau milieu de celle-ci, ses outils de travail éparpillés sur le sol. La coréenne ne dit rien. Elle marcha vers elle machinalement, se mit en face d’elle, mais seulement pour mimer sa position et se mettre à genoux, guettant le visage de son aîné avec de la curiosité plutôt que de l’inquiétude. Là encore, elle ne dit rien, mais écoute celle-ci respirer, de longues inhalations et de lourdes exhalations que la hackeuse avoua être rassurants.

« T’es trempée. » Nota-t-elle bêtement. « Et tu t’es tâchée. » Un moment d’hésitation avant qu’elle ne prit le poignet du médecin, la débarrassant des gants avec une délicatesse qu’elle ne pensait pas posséder. (Elle ne l’admettrait sûrement jamais, mais sentir la peau de Mina contre la sienne faisait bondir son cœur.) Elle fit de même pour l’autre main, jeta les gants dans la baignoire. Haena se releva enfin, faisant deux pas en arrière pour se caler contre le mur, ses yeux fixés sur sa vis-à-vis. Elle inhale. « Alors ? T’as quitté ton pays pour rejoindre la mafia locale ? Fun. Pas intelligent mais fun. » Un sourire narquois. « Mais bon – tomber amoureuse d’un mourant, ce n’était pas intelligent non plus. Ça m’étonne plus. » Elle roula les yeux, ignora le pincement de son cœur. Ce n’était pas de la jalousie. Elle cilla, ses mains enfuies dans sa jacket. « Tu vois, je m’en fous si tu merdes, moi. Tu peux foirer autant que tu veux. J’m’en fous si tu tues, si tu sauves des vies illégalement, si tu – » elle exhale, contempla ses mots. « Je ne t’ai jamais jugé – mais tu m’as rayé de ta vie juste comme ça. En un claquement de doigts, sans y penser deux fois. » Pas que ça lui faisait de la peine. La coréenne reposa son poids sur son autre pied.

C’était juste… une question de loyauté, disons.


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