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Squatte & Larmes - ICHIRIO

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Dim 10 Juil - 15:48
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Squatte & Larmes
Rio & Ichiro
La vie humaine est semblable à un chemin dont l'issue est fatale. On nous en avertit dès le premier pas, mais la loi de la nature nous dicte d'avancer toujours..

Je suis lessivée quand je rentre chez moi. Je crois que j’ai rarement passé autant de temps en studio pour une simple publicité. Entre la régit qui arrive en retard, le producteur qui ne sait pas ce qu’il veut et les problèmes techniques, il nous a fallu plus de trois heures pour vanter les mérites d’un dentifrice à la banane. Je n’aime pas me plaindre, surtout qu’en montant à Tokyo je savais que j’avais plus de chance de faire ce genre de doublage que de décrocher un rôle pour le nouveau Clamp. Je m’étire en rentrant chez moi. La première chose que je fais est d’enfiler un short et un t-shirt pour ensuite aller m’affaler sur le petit canapé que j’ai récupéré l’année dernière.

L’ambiance est lourde en ville. Quoi de plus normal après la catastrophe que l’on vient de vivre. J’ai encore eu mes parents hier. Ils veulent que je rentre pour l’été. Ils s’inquiètent. Ce que je comprends. Leur unique enfant est à des milliers de kilomètres dans une ville qui vient de subir un séisme d’une magnitude anormalement haute. C’est presque un miracle que j’ai pu décrocher un contrat par les temps qui courent. Enfin, je ne vais pas me plaindre. Je n’ai perdu ni mon toit, ni mes amis ou de la famille.

Je me réveille deux heures plus tard, toujours assise sur le canapé. Je ne m’étais même pas rendue compte que je m’étais endormie. Je me redresse en baillant. La nuit commence à tomber, je vais faire à manger. Papa et maman m’ont envoyés des légumes et du poisson de chez nous. Ils me font souvent ce genre de colis ou demandent à une connaissance qui passe par Tokyo de me livrer. C’est parfait. Ça me coute moins cher et c’est bien meilleur que la plupart des produits qu’on peut acheter à la capitale. Ou alors il faut payer le prix fort. Tablier autour des hanches je m’attèle à la tâche. Salade de crudités et du poulpe. J’ai envie de quelque chose de frais. J’ai reçu l’animal hier il est encore bien frais. Je le coupe tout simplement et l’arrose de graines et d’huiles de sésame. Un peu comme à la coréenne sauf que là-bas on le mange encore vivant. C’est franchement rigolo et super bon. Ça me donne envie de retourner sur mon île. Je mets la nourriture dans deux tupperwares que je prends avec moi.

Je n’ai pas envie de manger toute seule. C’est trop triste. Depuis quelques mois j’ai un nouveau voisin de palier. Un interne en médecine qui ne fait vraiment pas attention à lui alors j’ai pris l’habitude de le nourrir. Ichiro râle toujours un peu quand je débarque mais je sais très bien que sans moi il se laisserait mourir ou ne mangerait que des ramens instantanées. Comme à chaque fois que je me retrouve sur le palier, la clés –pas particulièrement bien cachée, dans la serrure, je m’arrête pour respirer un bon coup. Je voudrais remettre en place ma frange mais j’ai les mains prises. Peut-être que j’aurais dû me maquiller un peu.

Je galère pour ouvrir la porte. Mon cœur bat la chamade. Cet homme. Saito Ichiro. C’est la première fois de ma vie qu’un homme me fait un tel effet. Sa voix est absolument merveilleuse. Légèrement grave et étonnement douce comparé à son apparence. Je sens un sourire idiot se dessiner sur mes lèvres.
«  Livraison à domicile ! » Je lance sur un ton enjoué. Mon cœur bat à tout rompre dans ma poitrine. Qui aurait cru qu’un jour le simple fait de voir quelqu’un me rendrait aussi heureuse.  
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Sam 30 Juil - 16:45
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Rio & Ichiro
La vie humaine est semblable à un chemin dont l'issue est fatale. On nous en avertit dès le premier pas, mais la loi de la nature nous dicte d'avancer toujours..

Je ne sais pas depuis combien de temps je suis assis sur ce canapé. Tout ce que je sais, c'est que j'ai vu le soleil se lever et se coucher. Je ne pourrai dire le nombre de cycles que j'ai vu défiler dans la fenêtre devant moi, et peut-être n'est-ce qu'une banale exagération à cause de mon état. Je peux me permettre d'être un tantinet dramatique, seulement quand je suis seul. Les larmes ne coulent pas sur mon visage, mais il semble que mon cerveau a été déconnecté. Rien. Quelqu'un claquerait des doigts devant mes yeux, je ne clignerais même pas. Je me suis réfugié bien loin.

C'est niais. C'est cliché. ça donnerait à quiconque l'envie de vomir. Mais je me réfugie avec elle. Mon esprit est bien le seul endroit où elle est souriante, tangible, où sa voix vient chatouiller les tympans de façon tout à fait délicieuse. Nous partageons de la nourriture et elle me propose du vin que je refuse, nous sommes allongés dans l'herbe et je niche mon nez au creux de son cou. J'inspire son odeur, cette même odeur que je connais par cœur depuis ce qu'il me semble toujours. Je ne veux pas partir de cet endroit. Je sens que si on m'en arrache, je n'arriverais pas à y survivre.

Cela doit faire quelques jours. J'ai pris un congé à l'hôpital, ce qui n'arrive pourtant jamais normalement, mais les circonstances ont fait que cela a été plus ou moins.. accepté. Surtout car je fais d'habitude beaucoup d'heures supplémentaires et que d'autres m'en doivent. Je crois que je n'ai pas changé de t-shirt depuis, je ne dois pas sentir exactement bon. Mais je m'en fiche. Qui y a-t-il pour me sentir ? Je suis en train de dériver.

Je n'entends pas la clé tourner dans la serrure. Enfin. Plus que tourner, puisque la personne qui tente de s'introduire par effraction dans mon appartement semble avoir quelques difficultés. Je n'entends rien, je suis ailleurs, même si mes paupière sont parfaitement ouvertes.

Mais sa voix arrive. Et vient tinter à mes oreilles. Je me sens subitement arraché à ma rêverie, ce que je souhaiterais à tout prix être ma réalité, et je tourne la tête, avec une lenteur presque irréelle. Ce n'est pas Anko. Rien ne lui appartient dans ce corps qui se tient à l'ouverture de la porte. Mes lèvres bougent mais aucun son n'en sort, je dois avoir l'air d'un fou. Elle va appeler les secours et m'interner, c'est sûr.

Mais à cette vision, je sens mes yeux se remplir de larmes et les gouttes viennent vite rouler le long de mes joues. J'ai l'air d'un enfant apeuré.

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Lun 1 Aoû - 0:10
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Rio & Ichiro
La vie humaine est semblable à un chemin dont l'issue est fatale. On nous en avertit dès le premier pas, mais la loi de la nature nous dicte d'avancer toujours..

J'entre en grandes pompes dans l'appartement. Frange de travers et les joues rosées, je referme la porte derrière moi avec le pied. La grande classe. Toujours dans l'entrée, je me tourne vers le canapé. Je meurs d'envie de lui sourire. Sourire à Ichiro. Je veux qu'il ronchonne mais accepte de dîner avec moi. Je veux qu'il fasse semblant de ne pas supporter ma présence. Parce qu'il n'est vraiment pas honnête

Je me retrouve fasse à une autre personne. Ça ne peut pas être lui. La bouche ouverte et les yeux exorbités. Je reste debout avec mon sourire idiot. Aaah. Je panique. Je manque de lâcher mes boîtes quand il se met à pleurer. Qu'est ce que je peux faire ?! J'ai peur. Je me sens incapable de gérer ça. Ce n'est pas Ichiro. Ichiro ne pleure pas.

En proie à la panique je me dépêche d'aller poser la nourriture dans la cuisine et de revenir. Et me voilà tremblante à quelques pas du canapé. Je n'arrive pas à parler. À bouger. À penser. Je ne me sens pas bien. Je ne dois pas penser à moi mais à lui. À cet homme en détresse. Tout doucement je m'approche et pose mon genou sur la banquette. Je lève mes mains vers ses yeux. J'ai peur. Tellement peur de le briser. Il à l'air si fragile. Comme du cristal. Avec une infinie délicatesse je viens l'embrasser au coin des yeux. Doucement. Tout doucement.

Je laisse aller mes émotions pour essayer de le rassurer. De le cajoler. J'ai bien trop peur pour lui. Un peu maladroitement je le serre contre ma poitrine. Je dépose mon menton sur son crâne. Et je retiens mes larmes qui tentent de couler. J'essaie de l'englober dans un cocon de tendresse. Tout va bien se passer. Quoi qu'il arrive, je suis là. Je peux veiller sur toi. Toi qui a si peur. Qui a tant besoin d'aide.

Je prends ma voix douce. Ma voix de velours. Une voix qui caresse. "Tout va bien je suis là." Mes mots font éclater la bulle et je me rend compte de la niaiserie de ma situation. "Enfin. Tu n'es pas tout seul." Je me sens rougir. "Ichiro" Je murmure.
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Lun 1 Aoû - 11:10
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Rio & Ichiro
La vie humaine est semblable à un chemin dont l'issue est fatale. On nous en avertit dès le premier pas, mais la loi de la nature nous dicte d'avancer toujours..

Je n'ai même pas le temps de réfléchir. A la façon dont je me montre face à quelqu'un avec qui, au final, je ne suis pas si proche que ça. Elle est ma voisine. Je l'apprécie. Je suppose. De toute façon il m'est difficile de réfléchir à l'instant présent, je la vois juste filer à un autre endroit. Pendant un moment, je me dis qu'elle est rentrée chez elle, mais voilà qu'elle réapparaît aussi vite. Elle avait quelque chose dans les mains, non ? Je ne sais pas, je ne sais plus, elle a dû poser quelque chose quelque part, mes yeux sont embués et ma vision est floue.

Je la sens s'approcher, tout mon corps se met en alerte, mais je n'ai pas la force de bouger, ni même de tourner la tête. Elle se met près de moi et je peux sentir son odeur, sucrée, douce, et je ne sais pas ce qu'elle s'apprête à faire. Je sens vaguement quelques contacts aux coins de mes yeux, a-t-elle embrassé mon visage ? L'idée m'est tellement absurde et bizarre que je décide de l'oublier dès qu'elle s'est reculé un peu plus.

Elle n'est pas Anko. Sa chaleur n'est pas la sienne, son odeur n'est pas la sienne, ses lèvres n'embrassent pas pareil et ce fait là redouble mes larmes. Je me sens stupide, je ne pleure jamais, jamais. Même dans les moments les plus difficiles, mes yeux restent définitivement secs, alors pourquoi tant de faiblesse, pourquoi maintenant ? Et pourquoi a-t-il fallu qu'elle entre dans mon appartement et qu'elle me voie dans cet état ?

Je me demande ce qui se passe dans son esprit. Elle ne me connaît pas comme ça. J'ai honte du spectacle pitoyable que je lui offre, j'ai envie de la pousser et de lui dire de partir bien vite. Malgré tout, je sens un certain sentiment… agréable… au fait de ne pas être absolument seul en ce moment. C'est absurde.

Bien vite mon visage se pose contre du tissu, elle m'a attiré contre elle, me serre, et cette façon d'être contenu calme un peu ma respiration et les battements de mon cœur. Elle prend finalement la parole et ses mots viennent chatouiller l'intérieur de mon oreille, une sensation en tout points agréable dans un moment comme celui-ci. Je ne peux pas répondre, je ne peux pas parler.

Elle a été assurée et femme pendant un moment, mais je sens bien vite son hésitation, sa gêne, elle ressemble tout de suite bien plus à la Rio que je connais. Celle qui est un peu.. spéciale. J'aime bien ce côté là chez elle, elle ne ressemble pas à la majorité des filles. La façon dont elle prononce mon prénom me donne des frissons au fond du ventre, et je me sens automatiquement coupable. J'ai besoin qu'on me frappe. Ces frissons sont réservés à une seule personne.

« Pars » finis-je par murmurer. On peut sentir l'hésitation dans ma voix, je tremble légèrement, peut-être peut-elle comprendre que je ne veux pas réellement qu'elle s'éloigne de moi. J'ai besoin d'elle, à cet instant, mais je reste ce .. sale.. Ichiro pudique et qui préfère souffrir tout seul et en silence. Je ne veux pas la déranger. « Tu n'as pas besoin de faire ça. Je suis… Bien… Je vais bien » j'ajoute en essayant de paraître calme et composé, mais ça ne doit pas vraiment marcher. « Tu n'as pas besoin... » je répète, à moitié comme si je n'avais pas souhaité que les mots sortent de ma bouche, qu'ils ne restent juste dans mon esprit. Ma joue reste solidement posée contre sa poitrine, et je sens son cœur qui bat. Elle doit paniquer un peu, son rythme est également rapide. Je m'en veux.

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Mar 2 Aoû - 13:29
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Rio & Ichiro
La vie humaine est semblable à un chemin dont l'issue est fatale. On nous en avertit dès le premier pas, mais la loi de la nature nous dicte d'avancer toujours..

Pendant un instant j'oublie qui il est et qui je suis. J'oublie que mes gestes sont déplacés. Que ce n'est pas mon rôle que de le rassurer et de le consoler. C'est plus fort que moi. C'est au-dessus de mes forces que de laisser Ichiro dans un état pareil. Je refuse de laisser cet homme, que j'admire plus que de raison, en pleure sur le canapé. Je sais que c'est présomptueux de ma part. Qu'étant qu'une simple voisine, ce n'est pas mon devoir. Mais il a l'air tellement fragile. Un enfant perdu qu'il faut prendre par la main pour le ramener chez lui en séchant ses larmes. J'ai peur parce que cette image n'est pas normale. Cet homme, Saito Ichiro. Son corps semble avoir été conçu pour peu dormir et pour ne pas laisser transparaître aucune de ses émotions. Alors s'il pleure devant moi qui, malgré toutes mes espérances, sais que je représente bien peu de choses dans sa vie. C'est que quelque chose d'affreux est arrivé. Tant que je n'ose imaginer la vérité.

Je refuse de bouger alors que je sens mon tee-shirt s'humidifier à chacune de ses larmes. Mon coeur est lourd. Je ne supporte pas de voir les gens que j'aime souffrir. Ou même de voir qui que ce soit souffrir. J'ai envie de pleurer pour lui. D'aspirer tous ses sentiments. De les faire miens. Je veux être celle qui est blessée. Pas lui. Mon seul souhait est de devenir le catalyseur de toutes ses peines, de toute sa douleur. Je refuse de bouger lorsqu'il me dit de partir. Sa voix me fend le cœur. Elle ne sonne pas comme elle devrait. Il hésite. Il tremble. Je resserre par réflexe mes bras autour de lui. J'essaie de parler mais je réprime un sanglot et garde la bouche close. Je ferme les yeux et inspire un bon coup pour me calmer. Je ne dois pas pleurer. Je sens que ça ne  ferait que compliquer encore la situation. J'ai presque envie de rire ou de lui donner un coup alors qu'il ose me dire qu'il va bien. " Ta peau est grise et tu pleures." Je ne bouge toujours pas. Je souris un peu malgré moi. Il a beau être meilleur acteur que certaines grandes stars du cinéma, il ne peut pas savoir maîtriser sa voix aussi bien que moi. Je prends sur moi pour que mes mots sonnent assurés. Je fais vibrer mes cordes vocales afin que les larmes qui tentent de s'échapper ne s'entendent pas. Je suis solidement attachée à lui. Tout mon corps reflète mon mensonge. Seule ma voix résiste. Et j'ai bien peur que ce soit la seule chose qui le fasse réagir. "Tu n'as peut-être pas besoin de moi mais tu as besoin de quelqu'un." Je suis juste tombée au bon ou mauvais moment, les avis divergent sur ce point-là. Je voudrais le serrer encore plus fort contre moi mais je crains de l'étouffer.

Qu'est-ce qui ne va pas chez nous ? Et moi ? Qu'est-ce que je fais là à étreindre mon voisin ? Et pourquoi me laisse-t-il faire ? Je pers pied. Je ne sais pas comment je fais pour garder son cocon intact. Je lève le regard dans le vide. Je dois me mordre les lèvres pour ne pas pleurer. Et soudainement j'ai peur pour moi.
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Mar 2 Aoû - 20:12
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Squatte & Larmes
Rio & Ichiro
La vie humaine est semblable à un chemin dont l'issue est fatale. On nous en avertit dès le premier pas, mais la loi de la nature nous dicte d'avancer toujours..

Pourquoi reste-t-elle ? La première réaction qui me vient, à l'intérieur de moi, est la colère. L'agacement. Quelle idiote. Pourquoi s'embarrasse-t-elle de moi et de mes états d'âme.. Pourquoi.. N'a-t-elle pas assez jugeote pour voir que ça ne lui apportera rien de rester avec moi… Je n'arrive pas à penser que quelqu'un puisse être totalement altruiste. Qu'elle puisse vouloir me rassurer juste pour que j'aille mieux, et pas pour en retirer un quelconque profit. Je suis toujours contre elle, et mon cœur bat douloureusement. Elle dit que je pleure. J'ai envie de lui crier que non, parce que je ne pleure jamais, Ichiro ne pleure jamais, et pourtant je sens les larmes couler, je les sens mouiller son t-shirt. Pitoyable. C'est le mot qui revient en litanie dans ma tête, je ne comprends pas comment mon cerveau peut accepter un tel comportement de ma part. Il ne manquera sûrement pas de se le reprocher plus tard, encore plus que maintenant.

J'ai l'impression qu'elle me serre encore plus fort, la petite. Je ne sais même pas d'où elle sort cette force alors qu'elle est aussi fine qu'une brindille et qu'elle n'a pas l'air très.. Sportive non plus. Après, je ne connais pas grand-chose de sa vie, je sais juste qu'elle aime m'embêter et qu'elle a un peu trop le sourire aux lèvres. Et elle ouvre la bouche à nouveau et je veux lui crier non à nouveau. Je n'ai pas besoin de quelqu'un. Je n'ai jamais eu besoin de quelqu'un.. C'est ce qui fait ma force, c'est ce que je me répète jour après jour. Personne ne tient à moi et je ne tiens à personne. Sauf à une. Le compte est vraiment revenu à zéro maintenant.

Je ne comprends pas ce qu'autrui peut apporter dans une situation comme celle là. Je ne sais pas ce qu'est le réconfort, ou le soulagement de se sentir écouté, compris, ou juste.. entouré. Ces idées, je les ai entendues des bouches d'autres, je les ai lues dans des bouquins, mais je ne les ai jamais vécues, ou alors, je prétends ne pas les connaître. Je devrais juste ressentir un inconfort à être touché par quelqu'un qui ne m'est pas particulièrement proche, juste une envie de la repousser. Et pourtant, ce n'est pas le cas.

Agaçante. Cette fille est agaçante. Et pourtant je ne me débat pas, alors qu'elle me serre contre elle. C'est à n'y rien comprendre. J'ai presque envie de la serrer à mon tour et de pleurer dans son t-shirt des heures durant, avec cette conviction qu'elle ne me jugera pas, ou ne se moquera pas. De toute façon, je n'ai pas besoin de ça : je le fais très bien moi même. Je me hais déjà pour la faiblesse que j'affiche au moment présent.

Si je n'affiche rien, il m'est très facile pourtant de lire autrui. Ou en tout cas, de repérer les manifestations physiques de certains sentiments. Et même si je ne la vois pas, je la sens. Que ce soient les battements de son cœur, ou la tension dans ses muscles alors qu'elle relève la tête, sûrement. Je sais que si elle a l'air peut-être calme, pour ne pas me faire angoisser un peu plus, ce n'est pas le cas.

« Je n'ai besoin de personne, Rio » fais-je les yeux ouverts, fixant le mur à côté de nous. Ma joue repose toujours contre elle. « J'avais envie de mourir avant que tu entres et je l'aurai encore quand tu seras partie. Mais ne t'inquiète pas.. je ne suis pas… Si lâche. » Je souffle doucement « Il me faut quelques jours, c'est tout. Et je serai normal à nouveau. Laisse moi être une lavette.. Seul. Ne me force pas à imposer ce spectacle à autrui. A toi. »

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Dim 21 Aoû - 19:38
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Rio & Ichiro
La vie humaine est semblable à un chemin dont l'issue est fatale. On nous en avertit dès le premier pas, mais la loi de la nature nous dicte d'avancer toujours..

Tu es un idiot Saito Ichiro. Un véritable idiot. Et moi je suis la reine des imbéciles. Je ravale mes larmes avec difficulté. J’ai la gorge nouée et les yeux brûlants. J’ai toujours été un buvard à sentiments. Que je le veuille ou non je partage toujours la souffrance des autres. Pourtant c’est la première fois que je suis touchée avec autant de violence. Et c’est peut-être ça qui me fait peur. Ma douleur à moi je m’en moque mais j’ai peur parce que je ne comprends pas. Je ne comprends pas pourquoi la détresse d’Ichiro me fait tant de mal. Pourquoi est-ce que c’est si dur.

Consoler les gens n’a jamais était mon fort. Surement parce que la plupart du temps je fonds en larme avec eux. Certains disent qu’ils trouvent ça beau. Que c’est une preuve de compassion très forte. Ichiro détesterait ça. Je ne dis pas le connaître, bien au contraire je sais bien peu de choses sur lui. Mais j’ai l’intime conviction que pleurer n’apporterait rien de bon. Tout comme je suis convaincue que le laisser seul serait la plus belle connerie que j’aurais pu faire au cours de ces vingt-deux dernières années. S’il le faut je resterais des heures dans cette position, bien que moyennement confortable, à le tenir dans mes bras. Toute la nuit s’il le faut. Je ne dis pas pouvoir panser ses blessures mais si je pouvais ne serais-ce qu’arrêter l’hémorragie. Et il aura beau me rejeter. Me soutenir qu’il n’a besoin de rien n’y personne. Je ne bougerais pas d’un pouce. Je ne partirais pas. Solide comme un roc.

Mes convictions se fanent à peine a t’il finit de parler. « Envie de mourir » mon sang se glace à ces mots. L’espace de quelques secondes je n’entends plus que les battements lourds et glaçants de mon cœur. C’est sa voix qui me ramène sur terre. Et quelle voix. Elle fait peur à entendre. Pourtant, sa dernière phrase me fait oublier l’effroi qui faisait trembler mon corps. Une colère sourde s’empare de moi. Je le lâche d’un coup et quitte le canapé pour me dresser droit devant lui. Les yeux noirs, mâchoires crispée et les poings serrés. Je prends une longue inspiration par le nez. Mon corps tremble de nouveau mais ce n’est plus la peur qui m’anime. J’ai oublié mes larmes. « Ah non ! Je ne suis pas d’accord. » Je ne contrôle plus rien et certainement pas ma voix qui vibre autant que je m’emporte. « Tu n’as pas le droit de dire ça. Tu n’imposes rien à personne. Et si tu ne voulais pas de mon aide, il ne fallait pas pleurer et tu aurais dû me mettre à la porte dès le départ ! » Les mots sortent tous seuls sans que je ne puisse rien faire ce flot continue. «  Accepte l’aide qu’on te donne. C’est bon on a compris que t’étais un solitaire, un mec froid et fort. Mais là stop. Arrêtes d’être buté. » Je prends une grande inspiration. Je sens que je me calme tout doucement. Je ne me rends pas encore bien compte de ce que j’ai pu lui dire et de l’impact que pourraient avoir mes mots. « Accepte au moins mon aide. » Il n’y a plus une seule pointe de colère dans ma voix. Et sans que je puisse faire quoi que ce soit, mes larmes coulent d’elles même.
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Sam 27 Aoû - 17:58
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La vie humaine est semblable à un chemin dont l'issue est fatale. On nous en avertit dès le premier pas, mais la loi de la nature nous dicte d'avancer toujours..

J'ai souvent cette impression de savoir tout sur tout. Ce qui, la plupart du temps, est vrai, et agace les autres, puisque je possède une grande culture et que j'apprends tout ce que je peux. Mais savoir tout sur tout sur les humains.. C'est autre chose. Ils sont imprévisibles, je ne sais jamais à quoi m'attendre avec eux, et peut-être est-ce pour ça que je suis plus un solitaire. J'aime contrôler chaque aspect de ma vie et lorsque je suis avec autrui, tout semble m'échapper. Tout peut arriver. Peut-être que je suis un gros froussard qui préfère sa petite vie bien rangée, qu'il connaît. J'ai peur de ne pas avoir la capacité émotionnelle pour gérer les situations, de ne pas avoir la logique des autres dans ce domaine. Je me sens relativement perdu, un enfant.

Je ne fais que dire ce que je pense, ce que je ressens, sans m'attendre à grand-chose. Je ne m'attends pas à ce que Rio pense quoi que ce soit de ce que je lui dis ou que ça puisse particulièrement la toucher car.. Car après tout, nous ne sommes pas proches, je ne sais même pas pourquoi elle prend son temps pour s'occuper de la lavette qu'elle a trouvé sur le canapé. Et bien vite, je sens la chaleur me quitter, je crie presque de protestation mais aucun son ne sort de mes lèvres. Rio se lève et pendant un instant, je crois que mon cœur ne bat plus. De la peur ? De la peur qu'elle parte réellement. Peut-être que c'est facile à dire, facile à jouer, mais que ce n'est pas ce que je veux vraiment. Je n'en sais trop rien. Tout est confus.

Il me faut quelques secondes pour comprendre que Rio est énervée contre moi. C'est à peine si j'écarquille les yeux et pourtant ma surprise est totale. Je ne savais même pas que ce petit bout de femme était capable de ça.. Et je ne peux m'empêcher de venir la regarder, alors que je n'ai pas bougé depuis le début. Je la déteste un instant. Parce que ce qui sort de sa bouche, bien qu'empreint de bien trop d'émotion, est irréfutable. J'aurais pu la virer lorsqu'elle était rentrée. Et elle ose souligner mes défauts, elle fait remarquer avec agacement ce que (sûrement) beaucoup de femmes aiment chez moi, et ce que (surtout) beaucoup de personnes ne peuvent supporter. Elle laisse sa dernière phrase s'échouer dans la pièce qui n'accueille d'autres sons que ses paroles enflammées.

Je la regarde toujours dans les yeux lorsque je vois soudain des larmes se former dans ses paupières inférieures et rouler le long de ses joues. Je ne sais pas pourquoi mais mes jambes semblent avoir décidé de marcher à nouveau et je me lève, me retrouvant tout d'un coup plus grand qu'elle, ce qui n'avait pas été le cas depuis qu'elle était entrée dans l'appartement. Je la fixe de mes yeux, c'est assez difficile de savoir ce que je pense, je ne le sais même pas moi même. Tout ce que je sais, c'est que mon cœur bat à tout allure et que.. Oui, finalement, la culpabilité remonte et je me hais de l'avoir mise dans cet état. Quel égoïste. Mais ce n'est pas nouveau.

Pourquoi se met-elle dans des états pareils, enfin ? Ce n'est pas.. Normal de s'en faire autant pour quelqu'un qu'on ne connaît pas trop. Son voisin, qu'on aime bien embêter de temps en temps. Je me dis immédiatement qu'il en faut peu pour lui faire du mal.. Et que j'aimerais bien tuer tous les gens qui pourraient l'avoir fait pleuré tout au long de sa vie. Me comptant, apparemment.

Je finis par acquiescer lentement de la tête. Si… Si ça peut l'apaiser de m'aider, qui suis-je pour lui dire non. Ça ne change rien. Elle m'a vu à mon plus bas, je ne vois pas comment la situation peut encore dégénérer. Elle va.. Sûrement me préparer un thé et rester quelques minutes avec moi avant de repartir à ses occupations. En tout cas c'est ce que je me dis. Je me sens obligé cependant de reprendre la parole. « Je suis désolé. Je ne voulais pas.. » Je me mords la lèvre et ferme les paupières une seconde, un soupir s'échappant de la faible ouverture de ma bouche. « Je n'ai jamais voulu te faire pleurer. Je n'aime pas te voir comme ça. » Je lâche presque à demi voix, ma pudeur reprenant toujours le dessus. Je rouvre les yeux et je la fixe un peu en réfléchissant.

J'ai envie de faire quelque chose pour lui montrer que je ne vais pas l'embêter plus longtemps. Que je l'écouterai et que je me laisserai.. Faire. Alors je me penche et je dépose un bisou sur sa joue avant de me rasseoir sur le canapé et de lever le visage vers elle, comme un chiot perdu. Je suis à sa merci.


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Sam 10 Sep - 15:46
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La vie humaine est semblable à un chemin dont l'issue est fatale. On nous en avertit dès le premier pas, mais la loi de la nature nous dicte d'avancer toujours..

Je suis en colère. En colère contre moi-même. En colère contre mes larmes qui coulent sans que je ne puisse rien faire contre elles. Je me sens trahie par mon propre corps. Espèce de sale lâche. J'essuie rageusement ces traîtresses mais rien n'y fait. Je continue de pleurer. Je sens, peu à peu, le flot continu de mes larmes se stopper. Comme une vanne qu'on referme petit à petit. Avec mon pouce je viens essuyer la dernière goutte salée qui roule, solitaire, contre ma joue. J'ose à peine regarder Ichiro debout devant moi. Je me sens pitoyable. Il me domine par sa taille et je me sens de nouveau comme une enfant. C'est dans l'ordre  des choses. Rio la petite fille. Celle qui rit trop. Et Ichiro. C'est lui l'adulte. Celui qui me lance des regards exaspérés. Je renifle comme une enfant. Je ne veux pas qu'il s'excuse. Ce n'était pas le but. Je ne suis pas blessée. Le regard rivé sur son tee-shirt je secoue la tête négativement. Je n'arrive pas à parler. Mes lèvres sont scellées entre elles. Je hoche la tête comme une enfant lorsqu'il me dit qu'il n'aime pas me voir comme ça. Oui je vais arrêter. Seulement. Avec lui tout est différent. C'est inexplicable.

Mon cœur s'arrête quand je sens ses lèvres chaudes contre ma joue. Je rêve où Saito Ichiro vient de m'embrasser. Ça ne veut rien dire, je le sais. Pourtant. Pourtant mon cœur se vide. Et se remplit presque aussi vite. Je le sens gonfler. Devenir énorme. Ma poitrine va exploser. Ses lèvres ont laissé une délicieuse brûlure sur ma peau. Je voudrais chérir ce moment pour toujours. Parce que je sais que je n’aurais surement jamais le droit à plus.

Je m'assois à côté de lui. Je suis encore un peu sonnée par ce qui vient de se passer. Je fais attention à ce que nos corps ne se touchent pas. J'ai peur de le frôler. Je ne bouge pas d'un centimètre, les mains à plat sur les jambes. Je n'ai aucune idée de quoi faire. J'ai l'intime conviction que le pire est passé.  Mais ça ne m'aide pas. Me voilà bien bête. J'ai voulu jouer à la grande. À la fille sûre d'elle mais je suis complètement paumée. Un ange passe et je n’ai toujours rien dit. Rien fait. Dire que j’étais seulement venue lui proposer –enfin, imposer- de manger avec moi. La voilà mon idée. Je me redresse d’un coup. «  Je suis sûre que tu n’as rien mangé. » Je me presse dans la cuisine pour aller chercher les boites que j’ai apportées. Je connais bien les tiroirs et les placards de cette cuisine. Je sors deux paires de baguettes ainsi que deux assiettes que j’empile avec mes Tupperware. Je reviens dans le salon en marchant avec précaution. Je préfère faire un allé les bras chargés et ne pas le laisser seul trop longtemps. Je dépose le tout un peu maladroitement sur la table basse devant le canapé. « Ce n’est pas grand-chose, juste du poulpe et une salade de crudité. Mais je ne te lâcherais pas tant que tu n’auras rien avalé. » Et je ne rigole pas. En temps normal il pourrait se laisser mourir de faim pour ne pas perdre de temps, alors dans son état…

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